A
A
ABB - ABT - AC - ACOMA - ADLER - AEC - AERO - AFG - AIRSTREAM - AIXAM - ALART - ALFA-ROMEO - ALLIS-CHALMERS - ALPINA - ALPINE - ALVIS AMC - AM GENERAL - AMILCAR - AMPHICAR - APOLLO-WERKE - ARIEL - ARIES - ARQUUS - ARTEGA - ARZENS - ASTON MARTIN - AUBURN - AUDI - AUSTIN - AUSTIN-HEALEY - AUSTRO - AUTO-UNION - AUTOBIANCHI - AVIONS VOISIN - AWE
Sous-catégories
ABB
Histoire d'ASEA Brown Boveri (ABB)
Les deux entreprises mères
-
ASEA (Allmänna Svenska Elektriska Aktiebolaget) est fondée en 1883 à Västerås, en Suède, par Ludvig Fredholm, d'abord fabricant d'éclairage électrique et de générateurs . L'ingénieur Jonas Wenström y développe dès 1889 générateurs triphasés, moteurs et transformateurs. ASEA s'illustre ensuite par plusieurs premières : premier diamant industriel synthétique (1953), premier réseau HVDC (courant continu haute tension) sur Gotland (1954), construction de 9 des 12 centrales nucléaires suédoises dans les années 1960, et introduction de robots industriels en 19714.
-
Brown, Boveri & Cie (BBC) est fondée en 1891 à Baden, près de Zurich, par Charles Eugene Lancelot Brown et Walter Boveri, tous deux issus de Maschinenfabrik Oerlikon . L'entreprise fabrique moteurs électriques (notamment pour locomotives), turbines à vapeur, générateurs et équipements pour chemins de fer, et se développe très tôt à l'international, notamment à Mannheim et aux États-Unis
La fusion de 1988
En août 1987, ASEA et BBC — jusque-là de féroces concurrents — annoncent leur fusion. Elle prend effet le 5 janvier 1988 : naît ABB Asea Brown Boveri, détenue à 50/50 par les deux maisons mères, avec un chiffre d'affaires d'environ 15 milliards de dollars et 160 000 employés Curt Nicolin (ASEA) et Fritz Leutwiler (BBC) deviennent coprésidents, tandis que Percy Barnevik prend la direction générale L'idée : combiner la solidité managériale d'ASEA avec l'expertise technologique et commerciale de Brown Boveri
La fusion inclut aussi le finlandais Strömberg, racheté par ASEA en 1987
Après 1988
Sous Barnevik, ABB décentralise, restructure et double presque de taille entre 1988 et 1996, passant de 17,8 à 34,6 milliards de dollars de revenus ABB devient le leader mondial de l'électrotechnique — génération, transport et distribution d'énergie, transport électrique, automation et robotique Les ingénieurs du groupe sont à l'origine d'innovations majeures comme le disjoncteur miniature (Hugo Stotz), le premier microprocesseur embarqué dans un robot industriel ou le système de propulsion maritime Azipod . Aujourd'hui, ABB est un groupe suédo-suisse actif dans l'électrification et l'automatisation.
Gen 2 Evo |
ABT
Histoire d'ABT Sportsline 🏁
Origines (1896–1950). Tout commence en 1896 à Kempten (Allgäu, Bavière), lorsque le forgeron Johann Baptist Abt ouvre sa forge ; il développe notamment un système de patins permettant aux charrettes à chevaux de circuler en hiver. Avant la Première Guerre mondiale, l'entreprise se lance dans la réparation et le commerce automobile, et dans les années 1920 « Auto-Abt » se détache de la forge et ouvre un garage vendant les marques Horch et Audi — premier lien historique avec les anneaux .
L'après-guerre et Johann Abt. Après la Seconde Guerre mondiale, la veuve Rosina Abt dirige l'entreprise avec son beau-frère Hans. Johann Abt, fils de Josef et Rosina, y commence son apprentissage en 1948 ; dès 1950 il dispute sa première course de moto, lançant la vocation sportive de la famille. En 1962, il fonde « Abt Tuning », intégré au groupe familial . Dans les années 1950, Johann est notamment pilote d'usine victorieux chez DKW
Naissance d'ABT Sportsline (1991). En 1991, l'entreprise devient Abt Sportsline GmbH, dirigée par les fils de Johann, Christian et Hans-Jürgen Abt ; le siège déménage à Kempten-Leubas, le long de l'autoroute A7 . Johann Abt meurt en 2003 ; Hans-Jürgen poursuit seul la direction jusqu'en 2019, avant de transmettre la gestion à Thomas Biermaier. Depuis 2013, le site abrite aussi un musée du sport automobile familial .
Palmarès en course. L'écurie est l'une des plus titrées d'Allemagne :
- Super Tourenwagen Cup : titre en 1999 avec Christian Abt, après le retrait d'Audi
- DTM : cinq titres pilotes (2002 Laurent Aïello sur Audi TT-R, 2004, 2007 Mattias Ekström, 2008 et 2009 Timo Scheider sur A4 DTM). Depuis 2004, l'équipe est l'écurie officielle Audi Sport
- ADAC GT Masters : titres en 2009 et 2010 ; l'année 2009 est la plus glorieuse, avec trois couronnes simultanées (DTM, GT Masters, Formel Masters avec Daniel Abt, fils de Hans-Jürgen)
- Formule E : engagement dès la première saison en 2014 avec Lucas di Grassi et Daniel Abt, victoire dès 2014-15, départ fin 2021 puis retour en 2022-23 avec Cupra (groupe motopropulseur Mahindra, puis Lola-Yamaha en 2024-25)
Le préparateur. ABT est aujourd'hui le plus grand préparateur mondial de véhicules du groupe Volkswagen : Audi, VW, Škoda, SEAT, Cupra, et même le Lamborghini Urus. Ses préparations couvrent la reprogrammation moteur, les suspensions sport, l'aérodynamique et les jantes Depuis 2009, la branche e-Line le positionne aussi dans la mobilité électrique. L'entreprise emploie environ 200 personnes, est présente dans près de 70 pays et a signé en 2023 une coentreprise en Chine avec Yotta Automobile.
RS3 III 8V Sportback |
AC
AC Cars, un des plus anciens constructeurs britanniques
- 1901 : fondation à West Norwood (Londres) par les frères Weller ; la société s'appelle d'abord Auto Carriers Ltd. (1911), puis AC Cars en 1922 .
- 1904 : première production, un tricycle de livraison, l'Auto-Carrier (moteur monocylindre 648 cm³). En 1907 sort une version passagers à deux places, l'AC Sociable, assemblée à environ 1 800 exemplaires jusqu'en 1914
- 1953 : l'AC Ace, coupé-cabriolet dessiné par John Tojeiro (châssis tubulaire léger, roues indépendantes), impose la marque ; elle gagne sa catégorie aux 24 Heures du Mans 1959
- 1962 : l'aboutissement légendaire — l'AC Cobra. Carroll Shelby greffe un V8 Ford sur le châssis Ace ; la voiture devient une icône de la compétition .
- 1965–1973 : l'AC 428 (Frua), GT à carrosserie italienne sur châssis de Cobra 427, produite à seulement 81 exemplaires
- Depuis 2020 : la marque, rescapée de multiples reprises, propose des Cobra hybrides et 100 % électrique
Acoma
ACOMA, le gérite des voiturettes « sans permis » 🚗
ACOMA (Ateliers de Construction de Matériel) était un constructeur français de microcars, actif de 1972 à 1984, spécialisé dans les voiturettes dites « sans permis ».
Les débuts
L'histoire commence par un coup de hasard : en 1970, Émile Boussereau, le mécanicien du village de Villeneuve-la-Comtesse (Charente-Maritime), est sollicité par un jeune handicapé pour concevoir un véhicule lui permettant de se déplacer. Il crée ainsi la voiturette « Comtesse », qui attire l'œil d'ACOMA, un industriel de l'Ouest fabricant de chariots élévateurs
La production démarre à Laval (1970-1972), puis l'usine est transférée à Saint-Barthélemy-d'Anjou, près d'Angers
Les modèles
- Mini-Comtesse : le plus petit modèle, à trois roues — si instable que l'usine ajoutait deux petites roues stabilisatrices à l'avant pour éviter les retournements . Moteur Sachs 49 cm³ refroidi par air, 3 ch, embrayage centrifuge, 2 vitesses... sans marche arrière. Environ 18 000 exemplaires produits (tous modèles confondus).
- Comtesse et Super Comtesse : des versions plus étoffées de la gamme .
Au total, six modèles différents en 13 ans d'existence .
L'astuce des pédales
La loi française sur les « sans permis » exigeait un moteur de moins de 50 cm³ et des pédales, pensant limiter le marché aux seuls cyclomoteurs. ACOMA a contourné la règle en installant une pédale intérieure reliée par chaîne à la roue arrière avec un embrayage à cliquet — purement cosmétique, la voiture avançant bien au moteur seul.
Le succès et la fin
En 1979, ACOMA était le plus grand fabricant de voiturettes de France, avec environ 30 % du marché de la catégorie « L » La marque a disparu en 1984, emportée par le déclin de ce segment — une fate commune à beaucoup de fabricants de voiturettes françaises
|
1978-1981 |
Adler
Adler : l'histoire de la marque à l'aigle 🦅
Les débuts (1880-1900)
Tout commence à Francfort en 1880, quand Heinrich Kleyer fonde une entreprise de bicyclettes — il introduit d'ailleurs le pneumatique en Allemagne dès 1886. En 1895, la société devient Adlerwerke vorm. H. Kleyer AG, avec un aigle (Adler en allemand) pour emblème. Elle se diversifie avec des tricycles motorisés, puis des machines à écrire dès 1898 .
L'essor automobile (1900-1930)
- La première automobile Adler sort en 1900, avec un moteur De Dion-Bouton ; le premier moteur entièrement conçu par Adler (dessiné par Edmund Rumpler) arrive en 1904 .
- En 1905, Adler devient le premier constructeur allemand de véhicules, moteurs et boîtes de vitesses .
- En 1914, 20 % des voitures immatriculées en Allemagne sont des Adler
- Le modèle Standard 6 (1926-1934) dépasse 10 600 exemplaires. C'est à son volant que Clärenore Stinnes réalise le premier tour du monde en automobile (1927-1929)
L'âge d'or technique (1932-1939)
Grâce à l'ingénieur Hans Gustav Röhr, l'Adler Trumpf (1932) innove avec suspension indépendante et traction avant (par joint Tracta de Jean-Albert Grégoire) — les premières tractions allemandes. Le Trumpf Junior dépasse 100 000 exemplaires. Walter Gropius, fondateur du Bauhaus, dessine même des éléments de carrosserie. Adler reste 3e constructeur allemand jusqu'en 1936 (En 1935, une Stromlinienwagen profilée bat des records de vitesse sur l'AVUS à Berlin .
Le déclin (1939-1957)
La guerre interrompt la production civile : l'usine, bombardée en mars 1944, produit moteurs et châssis blindés. Après-guerre, les difficultés financières et les confiscations alliées empêchent le redémarrage automobile : environ 213 000 automobiles auront été produites au total
Épilogue
Rachetée par Grundig, puis fusionnée avec Triumph (Triumph-Adler) avant l'arrivée d'Olivetti, la société survit aujourd'hui dans la gestion documentaire sous le nom TA Triumph-Adler GmbH Les Adler d'époque, rares, sont très recherchées des collectionneurs
|
1934-1941 |
AEC
Histoire d'AEC (Associated Equipment Company)
🚌 Les origines (1855–1912)
Tout commence avec la London General Omnibus Company (LGOC), fondée en 1855 pour regrouper les services d'omnibus à chevaux de Londres. La LGOC commence à construire ses propres autobus à moteur en 1909 avec le type X, conçu par Frank Searle dans ses ateliers de Walthamstow, suivi du type B, considéré comme l'un des premiers véhicules utilitaires produits en série.
En 1912, la LGOC est rachetée par l'Underground Group (qui contrôle une grande partie du métro londonien). Sa division construction de véhicules est séparée pour former une société distincte : la Associated Equipment Company (AEC).
L'entre-deux-guerres (1919–1939)
- 1926 : brève fusion avec Daimler (Associated Daimler Company), dissoute deux ans plus tard ; les usines sont transférées de Walthamstow à Southall (ouest de Londres) en 1927.
- 1928 : arrivée de G. J. Rackham (venu de Leyland) comme ingénieur en chef — il forge la réputation de qualité et fiabilité d'AEC.
- 1929 : lancement des gammes emblématiques : les camions en « M » (Majestic, Mammoth, Mercury…) et les bus en « R » (Regent, Regal, Renown…), qui restent en production jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Les moteurs diesel sont généralisés au milieu des années 1930.
- 1933 : la création du London Passenger Transport Board entraîne l'indépendance d'AEC, avec un accord garantissant 90 % des besoins en bus de Londres pendant dix ans.
🇬🇧 L'après-guerre et l'âge d'or (1945–1962)
- Après-guerre : gammes Regent II/Regal I, puis Regent III / Regal III en 1946.
- 1948 : AEC rachète Crossley et Maudslay et devient Associated Commercial Vehicles (ACV) ; Park Royal Vehicles (carrossier) rejoint le groupe en 1949.
- 1954–1969 : le Regent V, dernier grand double-decker à moteur avant d'AEC, est vendu au Royaume-Uni et exporté (Irlande, Portugal, Afrique du Sud, Hong Kong…).
- Chef-d'œuvre absolu : le Routemaster (prototypes en 1954 avec Park Royal, production en série dès 1958), le bus à impériale à plateforme ouverte qui devient l'un des symboles de Londres, utilisé jusqu'au début des années 2000.
📉 Le déclin (1962–1979)
En 1962, ACV est racheté par Leyland Motors (futur British Leyland). La production de bus à impériale cesse en 1968 — le Regent V s'arrête notamment à cause du « Bus Grant » de 1968, qui favorise les bus à moteur central/arrière avec paiement auprès du conducteur.
Le dernier bus AEC est produit en 1979, et la marque disparaît définitivement.
🏷️ Modèles emblématiques
- Types B et X (1909–1918) — pionniers
- Regent / Regal / Renown (années 1930)
- Regent III RT — le bus londonien classique des années 1950
- Routemaster (1958) — l'icône de Londres
- Reliance, Swift, Merlin — autocars et midibus des années 1950–60
|
1954 -1958 |
Aero Minor
Aero Minor — petite histoire
L'Aero Minor est une petite voiture tchécoslovaque produite de 1946 à 1951-1952, née dans des circonstances particulières de l'après-guerre
Origine. Aero était un constructeur aéronautique fondé à Prague en 1919, qui produisait aussi des automobiles depuis 1929. Après la nationalisation d'octobre 1945, le gouvernement tchécoslovaque décida de concentrer Aero sur l'aviation et d'arrêter la production automobile. Pour ne pas perdre les clients étrangers, on rebaptisa « Aero Minor » un modèle développé en secret par les ingénieurs de Jawa pendant l'occupation allemande, et on le fit produire dans d'autres usines (notamment l'ancienne usine Walter à Jinonice)
La voiture. L'Aero Minor II (présenté en 1946) était une petite traction avant à moteur deux temps, deux cylindres de 616 cm³, environ 20 ch, 90 km/h, ~8 L/100 km, disponible en berline deux portes et break ( Elle se distinguait par son habitabilité, son fonctionnement silencieux et sa longévité. Un Minor III à carrosserie ponton moderne n'est jamais dépassé le stade du prototype
Production et export. Environ 14 100–14 200 exemplaires furent construits, dont plus de la moitié exportés vers 23 pays : Pays-Bas, Belgique, France, Suède, Autriche, Suisse, mais aussi Égypte, Brésil, Uruguay…
Aventures et compétition. En 1947, l'explorateur František Alexander Elstner traversa le Sahara jusqu'au golfe de Guinée et retour en Aero Minor ; en 1948, un autre Minor atteignit le cercle polaire en hiver, une première. La version Aero Minor Sport (744 cm³, ~30 ch) prit la 2e place de sa catégorie aux 24 Heures du Mans 1949
La production cessa en 1951, les installations étant réquisitionnées pour des besoins militaires
AFG
L'Aluminium Français-Grégoire (AFG) : histoire
Le contexte
L'Aluminium Français était un consortium créé en 1931 pour promouvoir le métal dans tous les secteurs industriels. Dès 1935, il utilisait des concours pour stimuler l'innovation, notamment dans l'automobile
Jean-Albert Grégoire, l'ingénieur de l'automobile
Jean-Albert Grégoire (mort en 1992 à Neuilly-sur-Seine) était un ingénieur français pionnier de la traction avant et des structures en aluminium. Dès 1937, il crée l'Amilcar Compound, première voiture à carcasse en aluminium coulé (alliage Alpax), moment qui a généralisé l'usage du métal dans l'automobile (
Le prototype AFG (1942)
Fin 1940, en pleine Occupation, Jean Dupin, président de l'Aluminium Français, sollicite Grégoire pour concevoir une petite voiture populaire pour l'après-guerre . Conçu en secret pendant la guerre, le prototype AFG (Aluminium Français-Grégoire) présente :
- une carcasse entièrement coulée en alliage léger (Alpax), novatrice pour l'époque ;
- un moteur flat-twin de 594 cm³ refroidi par air, 15 ch à 4000 tr/min ;
- traction avant, suspension à quatre roues indépendantes, ~86 km/h et 4 L/100 km (
- un habitacle simplifié avec des fauteuils pliants type transatlantique (La suite : la Panhard Dyna
Proposé à Simca sans succès, c'est finalement Panhard qui adopte le projet comme base de la Dyna X, puis de la Dyna Panhard (1951), avec un moteur de l'ingénieur maison Louis Delagarde remplaçant celui de Grégoire
Le patrimoine aujourd'hui
Grégoire a cédé sa collection à Péchiney (héritière de l'Aluminium Français) en 1965 ; elle appartient désormais à l'Institut pour l'histoire de l'aluminium (IHA) : 11 véhicules et 3 châssis exposés à la Cité de l'automobile de Mulhouse, avec le prototype AFG classé monument historique en 2016 L'IHA a aussi publié les mémoires de Grégoire sur ses relations avec l'Aluminium Français, intitulés
|
1941 |
Airstream
Histoire d'Airstream 🚐
Les débuts (années 1920-1930)
L'histoire commence avec Wally Byam (1896–1962), petit-fils de colons ayant traversé l'Ouest américain dans un chariot bâché. Éditeur de magazines de bricolage à Los Angeles, il publie des plans de caravanes à construire soi-même ; devant les plaintes de lecteurs, il décide d'en construire une qui fonctionne vraiment — sa femme refusant notamment de dormir à même le sol . Il construit sa première caravane en 1929 et fonde sa société en 1931
La naissance de l'aluminium riveté
En 1934-1935, Byam croise la route de William Hawley Bowlus, ingénieur en aéronautique qui a supervisé la construction du Spirit of St. Louis de Lindbergh. Bowlus a conçu une caravane révolutionnaire : structure en aluminium riveté, formes arrondies et recherche d'aérodynamisme, héritées de l'aviation . Le nom « Airstream » vient de l'impression que les caravanes filent sur la route « comme un courant d'air »
En 1936, Bowlus fait faillite ; Byam rachète son outillage et embauche ses ouvriers. Fin 1936 sort la Airstream Clipper, avec la porte déplacée sur le côté. Malgré un prix élevé (1 200 $ de l'époque), Airstream est le seul fabricant de caravanes — sur plus de 300 en 1936 — à survivre à la Grande Dépression
Guerre et âge d'or (1940-1960)
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement américain réserve l'aluminium à l'industrie d'armement : la production s'arrête et Byam ferme boutique. Après-guerre, l'entreprise renaît : usine à Van Nuys en 1948, puis ouverture en 1952 du site de Jackson Center (Ohio), qui reste aujourd'hui le siège et l'usine d'Airstream .
Byam devient aussi un grand ambassadeur du voyage : caravanes organisées au Mexique (1951), en Europe (1956), à travers le monde entier. En 1955, pendant la caravane au Canada, est fondé le Wally Byam Caravan Club International (WBCCI), toujours actif
;Byam meurt en 1962. La caravane en aluminium poli devient une icône du rêve américain et de la culture pop. Quelques faits marquants-:
- La NASA utilise des Airstream modifiés, dont l'« Astrovan » (1984-2011) qui transportait les astronautes de la navette spatiale jusqu'au pas de tir — un Airstream avait déjà accueilli l'équipage d'Apollo 11 après son retour en 1969.
- Les militaires et officiels américains voyagent encore aujourd'hui dans des modules « Silver Bullet » luxueux embarqués dans des avions cargo C-17.
- La marque appartient aujourd'hui à Thor Industries, avec une production toujours concentrée à Jackson Center.
Airstream est ainsi la plus ancienne marque de caravanes au monde encore en activité, avec un design reconnaissable entre tous quasi inchangé depuis 90 ans.
|
1985-1989 |
Aixam
L'histoire d'Aixam 🚗
Aixam (anciennement Arola) est un constructeur français de voitures sans permis, leader du marché français et européen des VSP. Ses véhicules actuels sont classés quadricycles légers (catégorie L6e), conduisibles dès 14 ans avec le permis AM (ex-BSR)
Les grandes dates
- 1975 : création de la marque sous le nom Arola, spécialisée dans la voiture sans permis. Le premier véhicule est un tricycle à guidon, sans portes
- Années 1980 : la réglementation imposant des moteurs de 50 cm³ essence trop justes (fiabilité médiocre), les fondateurs Georges Blain et Philippe Colançon obtiennent du ministère des Transports une dérogation pour utiliser des moteurs Diesel — un tournant qui permet au marché de se développer
- 1983 : naissance d'AIXAM, qui reprend Arola
- 1984 : lancement de la 325 D, première Aixam sans permis (45 km/h), suivie de la 400 D. Le public : d'abord des personnes isolées et âgées à la campagne
- 1985 : premier TQM (75 km/h) .
- 1987 : Aixam devient leader français du secteur, avec environ 4 000 véhicules produits par an .
- 1992 : création de la marque MEGA, avec des voitures de sport spectaculaires : Mega Désert (Paris-Dakar), Mega Track, Mega Monte Carlo. Succès médiatique mais non rentable — Mega se reconvertit dans les utilitaires sans permis .
- 1997–2000 : gammes Aixam Révolution puis Evolution Aujourd'hui : plus de 18 000 véhicules produits en moyenne par an en Auvergne-Rhône-Alpes. Aixam a été le premier constructeur à faire homologuer une voiture sans permis au crash-test frontal (normes auto) alors que la loi ne l'imposait pas, et propose une gamme 100 % électrique e-Aixam (City, Coupé, Crossline, Crossover)
|
2011- |
Alfa Romeo
Histoire d'Alfa Romeo 🇮🇹🚗
Les débuts (1910)
Alfa Romeo naît le 24 juin 1910 à Milan sous le nom A.L.F.A. (Anonima Lombarda Fabbrica Automobili — « Fabbrica Lombarda anonyme d'automobiles »). Le premier modèle est la 24 HP, conçue par Giuseppe Merosi. L'entreprise est rachetée en 1915 par l'entrepreneur napolitain Nicola Romeo, qui donne ses initiales et son nom à la marque : Alfa Romeo (1920).
Les années 1920-1930 : la légende sportive
- 1923 : première victoire au Grand Prix d'Italie avec Ugo Sivocci ; naissance du célèbre trèfle à quatre feuilles (Quadrifoglio Verde), symbole des Alfa de course.
- 1925 : Alfa Romeo remporte le premier Championnat du monde de Formule 1 (grand prix) avec la P2.
- Enzo Ferrari débute comme pilote puis fonde la Scuderia Ferrari (1929), qui fait courir les Alfa Romeo avant d'en devenir indépendante.
- 1927-1929 : la 6C 1500/1750 s'impose, suivie de la légendaire 8C 2300 (victoires aux Mille Miglia et aux 24 Heures du Mans).
1940-1960 : renaissance et gloire
- 1950 : la 158 « Alfetta » gagne le tout premier championnat du monde de Formule 1 avec Giuseppe Farina (1951 avec Juan Manuel Fangio).
- 1954 : la Giulietta (voiture à carrosserie unitaire moderne) popularise la marque.
- 1962 : la Giulia, dessinée par Bertone, devient une icône — le style « scalino » (nez coupé) est né.
1970-1980 : crise et modèles cultes
- Alfetta, GTV, GTV6 : succès en rallye et en touring.
- 1978-1980 : la futuriste Alfa 6 et la compacte sportive Alfasud (produite à Naples, victime de problèmes de qualité et de corruption).
- 1986 : Alfa Romeo, en difficulté, est rachetée par Fiat (après une première approche avec Ford).
1990-2010 : sous l'ère Fiat
- 1987-1997 : la 164, dernière grande traction avant.
- 1992-1997 : renaissance commerciale avec la GTV/Spider (916), la 156 et la 147.
- 1997 : la 156 remporte le titre de Voiture de l'année.
- 2007 : la supercar 8C Competizione marque le retour au very high-end.
- 2010 : pour son centenaire, Alfa lance la Giulietta et dévoile la concept 4C.
Depuis 2010 : renaissance moderne
- 2013 : 4C, coupé sportif en carbone.
- 2015 : la berline américaine planétaire, Giulia (plateforme Giorgio) — dont la Quadrifoglio (510 ch) rivalise avec BMW M et Mercedes-AMG.
- 2016-2018 : Stelvio, premier SUV de la marque.
- 2020-2023 : Tonale (hybride), puis la transition électrique.
- 2024 : Milano / Junior (petit SUV électrique) — renommé « Junior » après un contentieux sur le nom avec la France.
- 2026 : Alfa Romeo prépare sa transition vers une gamme 100% électrique sous l'ère Stellantis (fusion Fiat-Chrysler + PSA en 2021).
Quelques symboles emblématiques
- Le badge : le serpent Visconti (Biscione) et la croix rouge de Milan.
- Le Quadrifoglio : trèfle à quatre feuilles, signe des versions sportives.
- « Cuore sportivo » : « le cœur sportif », devise de la marque.
Alfa Romeo reste l'une des marques automobiles les plus emblématiques d'Europe, ayant façonné à la fois la course automobile moderne et le design italien.
VEHICULES DE COMPETITION
|
1927-1952 |
Allis-Chalmers
Histoire d'Allis-Chalmers
Allis-Chalmers était un important fabricant américain de machines et d'équipements industriels, basé à Milwaukee (Wisconsin). Son histoire s'étend sur près de 140 ans.
Les origines (1840s–1901)
L'entreprise trouve ses racines dans plusieurs sociétés fondées au XIXe siècle, notamment la Edward P. Allis Company (fondée en 1847), spécialisée dans les machines à vapeur et les moulins, ainsi que la Fraser & Chalmers Company de Chicago (minage et métallurgie). En 1901, la fusion de plusieurs entreprises — Edward P. Allis, Fraser & Chalmers, Gates Iron Works et la division machines de Dickson — donne naissance à Allis-Chalmers Company.
L'essor (1900s–1950s)
- Allis-Chalmers devient l'un des plus grands constructeurs américains, actif dans une gamme impressionnante : machines agricoles (tracteurs), équipement de génie civil, turbines, moteurs électriques, compresseurs, équipement minier et sidérurgique.
- En 1931, elle présente l'un des premiers tracteurs à pneus en caoutchouc.
- Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'entreprise contribue massivement à l'effort de guerre.
- Après-guerre, elle innove avec des moissonneuses-batteuses, des tracteurs comme le modèle WD, puis la célèbre série D (jusqu'au D-21).
- L'entreprise fabrique aussi des turbines hydroélectriques et du matériel lourd pour barrages et centrales.
- Son logo, une paire de pinces cassant une pièce (souvent confondue avec un papillon), devient emblématique.
Le déclin (1960s–1980s)
Face à une concurrence accrue (John Deere, International Harvester, Caterpillar, Case), à des coûts salariaux élevés et à des choix stratégiques discutables, Allis-Chalmers perd des parts de marché dès les années 1960. En 1985, elle vend sa division tracteurs à Deutz-AG (Allemagne), qui produit les tracteurs Deutz-Allis.
Le démantèlement (années 1990)
L'entreprise, rebaptisée Allis-Chalmers Energy puis scindée, cesse progressivement ses activités historiques dans les années 1990. Ses actifs sont dispersés :
- Équipement agricole → Deutz-Allis, puis racheté par AGCO (la marque existe encore via AGCO Allis)
- Équipement lourd/minier → divisé et vendu (une partie rejoint l'actuel Allis Mineral Systems, intégré à Metso)
- Moteurs électriques → racheté par Siemens en 1997
- Le nom survit aujourd'hui dans des sociétés séparées, par exemple Allis-Chalmers Energy (services pétroliers) et le fabricant de pompes industrielles connu sous le nom d'Allis-Chalmers.
Héritage
Allis-Chalmers reste une marque culte chez les collectionneurs de tracteurs anciens, avec de nombreux clubs et musées aux États-Unis. Elle symbolise l'âge d'or de l'industrie lourde américaine à Milwaukee.
|
1943- |
Alpina
🏔️ Histoire d'Alpina
Alpina est un constructeur allemand spécialisé dans les versions haut de gamme et sportives de BMW, basé à Buchloe en Bavière.
📍 Les origines (années 1960)
- Le nom vient d'abord des machines à écrire produites par le Dr Rudolf Bovensiepen, le père de Burkard Bovensiepen ; face à la concurrence asiatique, l'entreprise familiale doit être vendue début 1965
- En 1962, Burkard Bovensiepen développe un double carburateur Weber pour la BMW 1500, donnant ~90 ch au lieu de 80 — c'est le point de départ de l'aventure automobile
- En 1964, BMW atteste la qualité des préparations en maintenant la garantie constructeur complète sur les voitures modifiées — une reconnaissance exceptionnelle (
- Le 1er janvier 1965, Alpina Burkard Bovensiepen KG est fondée à Kaufbeuren
🏎️ Du tuner au constructeur (années 1970-1980)
- Alpina devient un acteur majeur du tuning BMW (BMW 1500, série 02, six-cylindres E3/E9), puis s'engage avec succès en course de tourisme dès 1968, avec des pilotes comme Niki Lauda, Jacky Ickx, James Hunt ou Derek Bell
- En 1983, le ministère des Transports allemand reconnaît Alpina comme constructeur automobile à part entière, avec des numéros d'identification propres
🚗 Positionnement
Alpina s'est toujours tenu à côté des BMW M : des voitures luxueuses, confortables et très performantes plutôt que radicales — des autos de « gentleman driver », reconnaissables à leurs bandes décoratives, juges de ligne signature et boîtes automatiques aux rapports surmultipliés
🔮 Époque récente
- La direction passe aux fils du fondateur, Andreas et Florian, Burkard Bovensiepen restant actif jusqu'à peu avant sa mort, en octobre 2023 à 87 ans (Le 10 mars 2022, BMW annonce le rachat de la marque Alpina; début 2026, les droits de marque passent à BMW, la société Bovensiepen conservant la maintenance et les pièces détachées des modèles existants
Alpine
🏔️ Histoire d'Alpine
Les origines (1946–1955)
L'histoire d'Alpine est celle d'un homme : Jean Rédélé, né en 1922 à Dieppe, qui reprend à 24 ans la concession Renault familiale. Passionné de compétition, il court dès 1950 sur des Renault 4CV préparées par ses soins et remporte notamment les Mille Miles en catégorie 750 cm³ en 1952 Sa première création, l'A106, habille la mécanique de la 4CV d'une carrosserie légère en aluminium — la légèreté devient la marque de fabrique d'Alpine.
La Berlinette A110 et la gloire (1962–1973)
L'entreprise décolle avec l'A110 « Berlinette » en 1962, née d'une étroite collaboration avec Renault, qui vend et entretient les Alpine dans son réseau (Alpine Média). Les voitures de Dieppe deviennent « Alpine-Renault » fin 1967, la marque représentant officiellement Renault en compétition
Les années fastes :
- 1971 : victoire au Rallye Monte-Carlo avec Ove Andersson et titre au Championnat international des constructeurs
- 1973 : triplé historique au Monte-Carlo (Andruet, Thérier, « Biche »), puis Alpine devient le tout premier Champion du Monde des Rallyes (WRC) dès sa première année d'existence, dominant Fiat de plus de 60 points
- 1978 : victoire aux 24 Heures du Mans avec l'A442B
Le déclin (1973–1995)
À son apogée, Alpine est rachetée par Renault en 1973. L'A310 ne parvient pas à égaler l'A110 en compétition, et la marque se retire progressivement des rallyes 1989 . En 1995, Renault annonce la fin d'Alpine, 40 ans après ses débuts Jean Rédélé disparaît en août 2007
Le renouveau (2012–aujourd'hui)
Le retour s'amorce en 2012 avec le concept A110-50 pour les 50 ans de la Berlinette, et la nouvelle A110 est révélée au Salon de Genève en 2017, toujours produite à Dieppe . En 2021, Renault crée la Business Unit Alpine, réunissant Alpine Cars, Renault Sport Cars et Renault Sport Racing, positionnée comme le pôle sportif et premium du groupe, avec l'ambition d'un avenir 100 % électrique — et même un retour aux 24 Heures du Mans et en Formule 1.
|
1955-1963 |
Alvis
Alvis était un constructeur automobile britannique, réputé pour ses voitures sportives de luxe et son ingénierie soignée.
Les grandes dates
- 1919 : fondation de la company à Coventry par Thomas George John et G.P. de Freville, d'abord sous le nom T.G. John & Co. (le nom Alvis apparaît en 1921).
- Années 1920-30 : Alvis se fait un nom avec des voitures sportives élégantes — souvent carrossées par des maisons indépendantes (Mulliner, Vanden Plas, Graber) — et innove avec la traction avant expérimentale (modèle de 1928, abandonnée), puis le premier moteur six cylindres à soupapes en tête de série.
- Seconde Guerre mondiale : la firme se tourne vers la production militaire (moteurs d'avions, véhicules blindés), activité qui prendra une importance croissante.
- Années 1950 : âge d'or avec les modèles TA21/TC21 "Grey Lady" et surtout la légendaire TC 1086 / Park Ward, puis les Speed Twenty/Three antérieures très prisées des collectionneurs.
- 1958-1965 : les modèles TD21, TE21 et TF21 (carrosseries par Graber et Park Ward) restent des voitures raffinées mais la marque peine face à Jaguar et Aston Martin.
- 1965 : le groupe Rover rachète Alvis ; la production automobile cesse en 1967 (la TF21 est la dernière Alvis).
- Après 1967 : le nom Alvis survit dans la défense (blindés Scorpion, Warrior, etc.). Après divers rachats (BAe, United Scientific, etc.), Alvis plc est absorbé par BAE Systems en 2004 pour les activités militaires.
- Anecdote récente : le nom et l'outillage ont été rachetés et une production limitée de voitures "continuation" (comme la Alvis 4.3 Litre modernisée) a relancé à Coventry.
Caractéristiques
- Voitures artisanales, châssis robustes et moteurs six cylindres soupape en tête très raffinés.
- Clientèle : officiers, aristocratie, amateurs de conduite sportive — une rivienne de Bentley "grand tourisme".
- Les modèles pré-guerre (Speed 20/25, 4.3 Litre) comptent parmi les voitures britanniques les plus recherchées aujourd'hui.
|
1937-1940 |
AMC
Histoire d'AMC (American Motors Corporation)
🏭 Naissance (1954)
AMC est créé le 1er mai 1954 par la fusion de Nash-Kelvinator Corporation et Hudson Motor Car Company, orchestrée par George W. Mason, qui voulait regrouper les constructeurs indépendants face aux « Trois Grands » (GM, Ford, Chrysler). Ce fut à l'époque la plus grosse fusion d'entreprises de l'histoire des États-Unis. Mason meurt la même année ; George W. Romney prend les rênes de la société
🚗 L'ère Rambler (années 1950–60)
Romney mise sur des voitures compactes et économiques, à contre-courant des gros modèles de Detroit : la Rambler gagne le Mobil Economy Run 1959 et devient en 1960 la troisième marque la plus vendue aux États-Unis derrière Ford et Chevrolet. Romney quitte AMC en 1962 pour devenir gouverneur du Michigan ; son successeur Roy Abernethy tente ensuite de concurrencer frontalement les Trois Grands, avec un succès limité.
💪 Muscle cars et Jeep (années 1960–70)
AMC commercialise des muscle cars comme la Javelin (1968–1974) ou l'AMC Machine basée sur la Rebel, tout en voyant ses parts de marché décliner. En 1970, AMC rachète Kaiser Jeep — l'acquisition la plus précieuse de son histoire.
🇫🇷 L'alliance Renault (1979–1987)
Face à la concurrence des Trois Grands et des constructeurs japonais, AMC s'allie à Renault en 1979 : l🔚 Rachat par Chrysler (1987)
Les difficultés de Renault (d'autant que Georges Besse, artisan de l'alliance, est assassiné en 1986) conduisent à la revente d'AMC : Chrysler rachète la société le 2 mars 1987. Chrysler abandonne la marque AMC et les modèles d'origine Renault, mais conserve Jeep et lance la marque Eagle.
En résumé : quatrième constructeur américain indépendant pendant 33 ans, AMC s'est distingué par son positionnement astucieux (compactes, 4x4) face aux géants de Detroit, et son héritage le plus durable est sans doute Jeep, aujourd'hui précieux actif de Stellantis.
|
1968-1974 |
AM General
Histoire d'AM General 🚙
AM General est un constructeur américain de véhicules lourds et militaires, basé à South Bend, dans l'Indiana. Ses racines remontent à plus de 160 ans, héritées de Studebaker et de Standard Wheel
Les origines (1903–1971)
- Les racines de l'entreprise remontent à la Standard Wheel Company de Terre Haute (Indiana), qui fonda en 1903 sa division Overland Automotive, rachetée en 1908 par John North Willys pour devenir Willys-Overland Motors
- En 1941, l'US Army commande à Willys le célèbre Jeep de la Seconde Guerre mondiale Kaiser rachète Willys en 1953, puis acquiert en 1964 les installations de Studebaker à South Bend avec leurs contrats militaires
- En 1970, American Motors Corporation (AMC) rachète Kaiser-Jeep, et en 1971 crée la filiale AM General Corporation à partir de la division General Products
Le Humvee, produit-iconique
- En 1979, les ingénieurs d'AM General développent le HMMWV (High Mobility Multipurpose Wheeled Vehicle), surnommé « Humvee »
- En mars 1983, l'entreprise remporte un contrat de 1,2 milliard de dollars pour produire 55 000 Humvees en cinq ans, plus 15 000 unités supplémentaires ensuite
- Plus de 280 000 Humvees auront été produits en 2012
Changements de propriétaire et Hummer
- La même année 1983, le groupe LTV Corporation rachète AM General, les réglementations américaines interdisant à un contractor de défense d'être détenu par un gouvernement étranger (Renault était partiellement propriété de l'État français, qui contrôlait alors AMC)Après la guerre du Golfe, popularisé notamment par Arnold Schwarzenegger, le Humvee est décliné en version civile : le Hummer H1, lancé en 1992 et produit à Mishawaka (Indiana) jusqu'en 2006
- En 1999, General Motors achète les droits de la marque Hummer ; AM General continue d'assembler le H1 puis le H2 pour GM dans sa nouvelle usine de Mishawaka
Époque récente
- La production des versions militaires du Humvee s'est poursuivie jusqu'en 2018
- AM General a participé au programme JLTV avec son BRV-O, sans succès : c'est Oshkosh qui a été retenu en 2015
- En juillet 2020, le fonds KPS Capital Partners acquiert l'entreprise
- Aujourd'hui, AM General modernise et maintient plus de 160 000 Humvees avec l'US Army et équipe plus de 70 pays alliés, tout en explorant des versions hybrides et électriques du Humvee
|
1970-2011 |
Amilcar
Amilcar : histoire de la marque 🚗
Amilcar est un ancien constructeur automobile français, établi à Saint-Denis, célèbre pour ses voitures sportives légères (cyclecars), produites de 1921 à 1939
Les débuts (1921)
Le 29 septembre 1921, les statuts de la « Société Nouvelle pour l'Automobile Amilcar » sont déposés, nés de l'association de quatre hommes : les ingénieurs André Morel et Edmond Moyet (issus de Le Zèbre) et les financiers Émile Akar et Joseph Lamy. Le nom « Amilcar » est une anagramme imparfaite des noms des deux fondateurs financiers (AKAR-LAMY)
La première voiture, le type CC, est présentée au Salon de Paris en 1921. Ce cyclecar économique (moteur 903 cm3, ~75 km/h, environ 5 000 exemplaires vendus) forge la renommée de la marque Il profite de la catégorie « cyclecar » créée en 1920 : véhicules de moins de 1 100 cm3 et 350 kg, moins taxés que les grandes automobiles de luxe
Les années glorieuses (1922-1930)
- Dès 1922, Amilcar remporte le Bol d'or automobile (2e en 1925) (La gamme s'enrichit du C4 (4 places) et du CS « Cyclecar Sport » (1922-1925, 1 004 cm3, 25 ch)
- Le modèle le plus célèbre : la CGS (« Châssis Grand Sport », Salon 1923, moteur 1 074 cm3, freinage sur les quatre roues), puis la version sportive CGSS (« Châssis Grand Sport Surbaissé », 1926-1929), très prisée aujourd'hui des collectionneurs
- La marque est même construite sous licence à l'étranger : « Pluto » en Allemagne, « Grofri » en Autriche, « Amilcar-Italiana » en ItalieLe déclin (années 1930)
- En 1934, face aux difficultés financières, Amilcar change d'orientation et lance une voiture routière plus grosse, la Pégase (11 CV), produite à Boulogne-Billancourt avec des moyens réduits
- La même année, la marque est rachetée par la SOFIA, un consortium financier
- En 1937, Hotchkiss rachète Amilcar et présente en septembre la Compound, une traction avant très avancée conçue par Jean-Albert Grégoire, avec carrosserie monocoque en alliage léger d'aluminium (Alpax)
- Mais la mise au point s'avère catastrophique industriellement : la production s'arrête après environ 900 exemplaires avec l'interdiction de la production civile en 1939
La fin
Non prise en compte dans le plan Pons, la marque ne reprend pas ses activités après la Seconde Guerre mondiale
Amilcar reste aujourd'hui l'une des marques préférées des collectionneurs, symbole de l'âge d'or du cyclecar français
|
1926-1929 |
Amphicar
L'Amphicar : la voiture amphibie de série 🚗🌊
L'Amphicar Model 770 est la seule voiture amphibie de grande série jamais produite pour le grand public. Présentée au Salon de l'automobile de New York en 1961, elle a été commercialisée de 1961 à 1968, avec 3 878 exemplaires fabriqués en une seule génération
Origines
Elle a été conçue par l'ingénieur allemand Hans Trippel, qui expérimentait les véhicules amphibies depuis les années 1930 avec son « Land-Wasser-Zepp » puis le SG6 militaire. La Wehrmacht s'y était intéressée, et le Volkswagen Schwimmwagen de guerre en découle directement . Après-guerre, Trippel se lance dans une version civile : la production est assurée par le groupe Quandt (beau-fils de BMW) à Lübeck et Berlin-Borsigwalde
Technique
- Moteur : 4 cylindres Triumph Herald de 1 147 cm³, ~38 ch, monté à l'arrière
- Performances : environ 110 km/h sur route et 6 nœuds (10 km/h) sur l'eau — d'où le nom « 770 » : 70 mph sur terre, 7 mph en mer
- Équipement nautique : feux de navigation, pompe de cale, double joint d'étanchéité sur les portes
- Les roues avant dirigent le véhicule comme un gouvernail en navigation
Exploits
Le 10 août 1962, deux Français, Jean Bruel et Tony Andal, traversent la Manche en Amphicar en 5 h 50 ; en 1965, deux autres exemplaires traversent la Manche par vent fort, et d'autres ont navigué sur le fleuve Yukon en Alaska Le président Lyndon B. Johnson aimait d'ailleurs effrayer ses invités au volant de la sienne sur son ranch (Le déclin
Le marché visé était américain (20 000 ventes/an prévues), mais les ventes décevantes et les nouvelles normes américaines de 1968 (émissions et sécurité) ont eu raison du modèle, dont la production cessa en 1965 .
Aujourd'hui, c'un pièce de collection très recherchée — environ 3 500 exemplaires recensés dans le monde
|
1961-1965 |
Apal
APAL, une histoire automobile belge 🇧🇪
APAL (pour Application Polyester Armé Liège) est un constructeur automobile belge fondé en 1961 à Herstal, puis installé à Blegny-Trembleur, en région liégeoise, par Edmond Pery et Bruno Vidick, un professeur de carrosserie de Liège et son élève, qui rêvaient de construire des voitures sportives
Les débuts (années 1960)
- Les débuts sont modestes : un petit coupé sur base VW, inspiré de la Porsche 356, puis des monoplaces de Formule Vee
- En 1968 sort l'Horizon GT, un coupé deux places au style discutable, vendu à une dizaine d'exemplaires seulement
Le buggy, succès international
Fin 1968, Roland d'Ieteren (importateur VW en Belgique) revient enthousiaste d'un voyage en Californie et propose à Edmond Pery de développer le concept du buggy. APAL lance alors son fameux buggy : carrosserie polyester sur châssis de Coccinelle VW, présenté au Salon de Paris en octobre 1969, où il récolte 150 commandes fermes
- Produit à plus de 4 000 exemplaires (plus de 5 500 voitures au total pour la marque), il est exporté vers l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas…
- À son apogée, dans les années 1970, l'usine sort jusqu'à cinq voitures par jour avec une cinquantaine d'employés APAL devient le plus important des cinq fabricants belges de buggies, aux côtés de Ritter, Van Clee, VF Dune et Méan
Les années 1980
- Edmond Pery continue seul à la tête de la société
- Nouveau défi : une réplique du Porsche 356 Speedster, sous licence d'Intermeccanica, sur base Coccinelle, produite à environ 700 exemplaires
- En 1984, tentative de vraie sportive : l'Apal Francorchamps, dessinée par Charles Van Den Bosh et présentée au GP de F1 de Spa puis au salon de Francfort. Échec commercial : prix trop élevé (1 800 000 francs) et image de « fabricant de buggies »
La fin
- La production automobile cesse au milieu des années 1990 ; les ateliers de Blegny se consacrent à la restauration de voitures anciennes et, depuis la fin des années 1970, au sanitaire de luxe (baignoires en fibre de verre, dont la première baignoire à massage européenne)
- Faillite prononcée en juin 2008. La marque est aujourd'hui la propriété du Belge Charles-Antoine Masquelin (rachat en 2017) ; les licences du Speedster ont été reprises par le français PGO Automobiles pour sa PGO 356 Classic
Une belle histoire d'artisanat liégeois : de la Formule Vee au buggy roi des années 70, en passant par les répliques de Porsche — le tout à Blegny, où les passionnés se retrouvent encore régulièrement
Buggy |
Apollo-Werke
Voici l'histoire des Apollo-Werke, le constructeur automobile allemand d'Apolda (Thuringe) :
🏭 Origines (1850–1904)
La maison remonte à Albert Ruppe, qui commença vers 1850 par un atelier de machines agricoles à Dornburg, avant de fonder en 1866 une fonderie de fer et fabrique de machines à Apolda. La firme A. Ruppe & Sohn produisit d'abord des motos (l'« Apoldania », 2,25 ch, ~60 km/h), puis en 1904 sa première voiturette, la Piccolo (Apollo-Werke Apolda – Histoire). , Apollo-Werke Apolda non —)
🚗 L'ère Apollo (1908–1927)
- En 1907, l'entreprise devient une société par actions (AG), la famille Ruppe se retire, et en 1908–1910 le pilote et ingénieur Karl Slevogt est recruté comme constructeur en chef ; il crée les voitures portant le nom Apollo, qui devient le nom de la firme en 1912. – Apollo-Werke → voir plutôt la fiche « Apollo-Werke » de la recherche)
- Fondée sous le nom A. Ruppe & Sohn en 1904, transformée en AG en 1907 et rebaptisée Apollo-Werke AG en 1912, l'entreprise a produit de 1904 à 1927 des automobiles sous les marques Piccolo et Apollo, appréciées pour leur prix relativement bas, leur qualité et leurs succès en compétition, y compris internationale.
- Le développement initial fut mené par Hugo Ruppe (petit-fils du fondateur), avant l'arrivée du pilote-constructeur Karl Slevogt en 1908, dont les voitures prirent le nom « Apollo ». Le pilote d'usine Franz Seidenbusch s'illustra sur ces voitures (ex. Solitude Bergpreis 1923). (La gamme s'étendait d'un monocylindre de 624 cm³ (la « Mobbel ») à des quatre-cylindres de 3 440 cm³ ; un V8 12/50 ch resta à l'état de prototype. Presque toutes les pièces (blocs moteurs coulés dans la fonderie propre) étaient fabriquées sur place, à l'exception des pneus, lampes et avertisseurs. Des camions de 30 ch furent aussi construits pendant et après la Première Guerre mondiale. Wikipedia (en) – Apollo (1910 automobile) →
- En 1921, l'usine racheta la Markranstädter Automobilfabrik (MAF), fondée par Hugo Ruppe, comme « Werk II », fermée en 1923.
- Le dernier modèle, le 6/24 ch de 1926, utilisait un moteur Steudel ; en 1927, l'entreprise (alors ~400 employés) cessa la production automobile, devint concessionnaire NSU pendant cinq ans, puis fit faillite en 1932. (🔧 Exemples de modèles
- Piccolo « Mobbel » (1904–1910) : monocylindre 624 cm³ refroidi par air — un exemplaire de 1910 est visible au musée d'Apolda (Wikipedia (en) →
- Apollo 4/20 ch (vers 1924) : quatre places, 1 041 cm³, ~6,5 L/100 km
- Apollo 30 ch : modèle de course victorieux (1921)
⚠️ Ne pas confondre
Le nom « Apollo » désigne aussi depuis 2016 Apollo Automobil GmbH, le fabricant d'hypercars issu de Gumpert Sportwagenmanufaktur (Roland Gumpert, ex-Audi Sport), qui n'a aucun lien avec les Apollo-Werke d'Apolda
|
1904- |
Ariel
Histoire d'Ariel 🏍️🚗
La Ariel (1999–aujourd'hui)
- 1991 : Simon Saunders fonde Solocrest Ltd, avec l'idée de moderniser la Lotus Seven ; en 1999, l'entreprise est rebaptisée Ariel Motor Company Ltd, sans lien avec la marque de motos historique
- Basée à Crewkerne (Somerset), c'est l'un des plus petits constructeurs automobiles britanniques : environ 30 employés, jusqu'à 100 voitures par an
- Elle est célèbre pour l'Ariel Atom, voiture de sport à châssis exposé, avec un rapport poids/puissance extrême (environ 700 ch/tonne pour l'Atom 3.5R suralimenté)
- 2017 : annonce du HIPERCAR, voiture de sport électrique à moteurs Equipmake
|
2000- |
Ariès
Ariès, constructeur automobile français (1903–1938)
Ariès (du latin aries, le bélier, symbole de puissance) est un constructeur automobile français fondé en 1903 par le baron Charles Petiet. L'usine est d'abord installée à Asnières, puis à Villeneuve-la-Garenne, près de celle du motoriste Aster qui fournit les premiers moteurs, avant un déménagement important à Courbevoie Les débuts (1903–1914)
- Dès fin 1903, un tour de France d'environ 5 000 km effectué sans incident dans une Ariès 12/14 HP type B sert de publicité à la jeune marque
- En 1906, lancement du luxueux modèle 50 HP de 12 litres de cylindrée ; en 1907, les modèles 20/30 HP (type P) deviennent les modèles phares de la marque jusqu'à la guerre. La même année, Ariès bat le record du mile à Ostende à 106 km/h et un modèle de série O rallie Paris–Madrid en 48 heures
- La marque se distingue techniquement : premier moteur français à six cylindres en V (1910), moteur sans soupape sous licence Knight (1912), et des victoires en course avec la voiturette VT monocylindre à arbre à cames en tête .
- Parallèlement aux voitures, Ariès construit très tôt utilitaires, camions et omnibus, exporte des autobus à étage pour Londres, des taxis pour New York et des camions vers l'Espagne et l'Amérique latine .
Déclin et disparition (années 1920–1938)
- La production de poids lourds est mise à mal à la fin des années 1920 par la concurrence de Berliet et Renault ; côté voitures, le catalogue se réduit progressivement vers un modèle unique (Guide Automobiles Anciennes).
- En 1934, Ariès sort la Super 10-50, techniquement avancée (distribution mixte, 2×3 vitesses, direction à cardans, volant à gauche, 120 km/h), mais chère ; la même année, la production de poids lourds cesse
- Refusant tout « mariage forcé » avec les grands constructeurs, le baron Petiet met fin à l'aventure en 1938. La marque disparaît après avoir produit environ 20 000 châssis en 35 ans — moins de deux par jour —, souvent comparés en confort et qualité à Rolls-Royce
Héritage
Charles Petiet, figure influ. La marque Ariès reste un exemple emblématique des quelque 80 constructeurs français de l'« âge d'or » automobile, dont seuls quelques-uns ont survécu
Arquus
Histoire d'Arquus
Arquus est un constructeur français de véhicules militaires, né en 2018 du regroupement de Renault Trucks Defense, ACMAT et Panhard nom est une contraction latine d'« Armis Equus », le cheval d'armes
Racines industrielles (fin XIXᵉ – XXᵉ siècle)
L'entreprise est l'héritière d'un siècle d'industrie automobile et militaire française
- 1895-1898 : fondations de Latil, Berliet et Renault
- 1914-1918 : Renault produit le char léger FT (le « Char de la Victoire »), Berliet les camions CBA de la Voie Sacrée, Panhard des automitrailleuses
- 1955 : naissance de Saviem (fusion Latil + Somua + poids lourds Renault), qui lance le VAB en 1976
- 1978 : fusion Berliet + Saviem → Renault Véhicules Industriels (RVI)
L'ère Volvo : Renault Trucks Defense (2001-2018)
En 2001, Renault vend RVI au groupe suédois Volvo ; la branche militaire devient Renault Trucks Defense (RTD) en 2002. Suivent deux acquisitions clés :
- 2006 : rachat d'ACMAT (véhicules tactiques légers VLRA)
- 2012 : rachat de Panhard Defense (~60 M€), elle-même issue de la fusion Auverland-Panhard de 2005
En 2016, Volvo tente de céder son pôle défense (évalué ~500 M€), avec des repreneurs pressentis comme le belge CMI et KNDS, mais renonce en octobre 2017 . À cette date, RTD produit environ 90 % des véhicules de l'armée de Terre française, et vient de décrocher le contrat des 3 700 VT4 et une commande koweïtienne de 270 M€
Arquus (2018 – aujourd'hui)
Le 24 mai 2018, RTD, ACMAT et Panhard sont réunis sous la marque unique Arquus, avec une forte croissance (+25 % de CA en 2018, +38 % en 2019, estimé ~600 M€) . En 2018, année du centenaire du FT 17, l'entreprise revendique l'héritage de Renault, Berliet, Panhard et Somua
En 2024, Volvo vend Arquus au groupe belge John Cockerill (Bernard Serin), qui poursuit la consolidation de la défense terrestre européenne
VBCI |
Artega
Artega — bref historique
Artega Automobil GmbH & Co. KG est un petit constructeur automobile allemand basé à Delbrück (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), fondé fin 2006 par Klaus Dieter Frers, ingénieur et fondateur de l'équipementier paragon AG. Le nom « Artega » a été suggéré par le spécialiste des marques Manfred Gotta
Chronologie clée
- 2006–2008 : création de l'entreprise et présentation de l'Artega GT, un coupé sport à moteur central dessiné par Henrik Fisker (ex-Aston Martin) ; la version de série est dévoilée à Genève 2008, la production démarre en 2009
- Artega GT : châssis aluminium, carrosserie en fibre de carbone, V6 3,6 litres, ~75 000 €. Seulement 153 exemplaires produits
- Janvier 2010 : le fonds mexicain Tresalia Capital prend le contrôle ; Frers quitte la direction, remplacé par Wolfgang Ziebart
- 2011 : lancement de l'Artega SE, version 100 % électrique de la GT
- 2012 : faillite déposée en juin-juillet ; la dernière GT sort des chaînes en septembre. En octobre, une nouvelle entité contrôlée par Frers (via paragon) rachète les actifs
- 2015 : rebirth électrique à Francfort avec le coupé sport Scalo et le quad électrique Karo ; la marque se recentre sur les véhicules électriques
- 2017 : Scalo Superelletra, supercar électrique trois places, en collaboration avec le carrossier italien Touring Superleggera
- 2018 : acquisition de l'Italien Tazzari (petits véhicules électriques) et des droits de production du quadricycle Microlino
- 2022 : rachat par ElectricBrands (fabricant du XBUS), ce qui marque la fin de la marque en tant qu'entité indépendante ( résumé : l'histoire d'un passionné qui a tenté de créer une marque de sportives allemandes, échoué commercialement avec la GT, puis converti l'entreprise à l'électrique avant son absorption en 2022.
|
2006-2008 |
Arzens
Paul Arzens (28 août 1903 – 2 février 1990) était un créateur et designer industriel français, né et mort à Paris. Formé aux Beaux-Arts de Paris, il a d'abord vécu de sa peinture avant de se tourner vers l'esthétique des machines.
Ses réalisations les plus célèbres
🚗 Les voitures
- La Baleine (1938) : un cabriolet streamlined spectaculaire construit sur un châssis de Buick, qui anticipait le style « ponton » des années 1950-60
- L'Œuf électrique (1942) : conçu pendant l'Occupation face à la pénurie d'essence, un véhicule électrique en aluminium et plexiglas de seulement 350 kg, avec ~100 km d'autonomie à 70 km/h. Converti après-guerre avec un moteur thermique Peugeot, Arzens l'utilisa jusqu'à sa mort .
🚄 Le ferroviaire
À partir de 1947, engagé par la SNCF, il a conçu le style des locomotives BB et CC qui ont dominé le réseau français des années 1950 aux années 1970, dont les fameuses CC 7100 (l'une a battu le record du monde de vitesse sur rail en 1955) et les locomotives « Nez cassé » inspirées d'un sprinter dans les starting-blocks. Il est aussi le premier à avoir abandonné le « vert wagon » pour des livrées colorées, comme celle du Capitole
✈️ Anecdote
En 1944, il transforma un bombardier Boeing B-17 offert par Eisenhower au général Kœnig en avion de transport VIP, avec chambre, salon-salle à manger et téléphone reliant le salon au poste de pilotage
Héritage
Visionnaire — il roulait en électrique dès 1942 — mais longtemps absent des histoires officielles du design, ses voitures sont aujourd'hui exposées à la Cité de l'automobile de Mulhouse et au Conservatoire des arts et métiers (CNAM)
|
1938 |
Auto Union
Histoire d'Auto Union
Auto Union AG est un constructeur automobile allemand né en 1932 de la fusion de quatre marques :
Les débuts (1932–1939)
La fusion est encouragée pendant la crise économique, notamment sur instigation de la Saxe Bank. Le siège est établi à Chemnitz (Saxe). Chaque marque garde son positionnement : Horch en haut de gamme, Audi en milieu supérieur, Wanderer en milieu de gamme, DKW en petites cylindrées et motocycles.
En 1933, Auto Union lance avec Ferdinand Porsche le mythique Auto Union Type A de Grand Prix : une monoplace à moteur 16 cylindres en V central de 4,3 litres (jusqu'à 6 litres), très puissante mais difficile à piloter. Pilotes légendaires : Bernd Rosemeyer, Hans Stuck, Achille Varzi et Tazio Nuvolari. Ces voitures dominent les Grands Prix européens face à Mercedes-Benz.
La guerre et l'Est
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les usines saxonnes sont converties à l'effort de guerre, puis démantelées ou nationalisées par les Soviétiques en 1945 — les actifs est-allemands sont perdus.
La renaissance à Ingolstadt (1949–1966)
En 1949, l'entreprise renaît en Bavière occidentale à Ingolstadt avec DKW (motos et voitures deux-temps, comme la célèbre DKW 3=6). Le nom devient Auto Union GmbH.
En 1958, Daimler-Benz prend une participation majoritaire, puis revend Auto Union au groupe Volkswagen en 1964–1966. VW relance la marque Audi avec l'Audi F103, et le nom Auto Union disparaît progressivement (fusionné dans Audi NSU Auto Union AG en 1969).
L'héritage
Aujourd'hui, le logo aux quatre anneaux d'Audi perpétue directement celui d'Auto Union, et les monoplaces de Grand Prix à moteur central restent des icônes de l'histoire automobile — plusieurs répliques roulantes ont été construites (dont des projets avec Audi, et la fameuse restauration de la Type D par Crosthwaite & Gardiner).
VEHICULES MILITAIRES
|
1934-1940 |
Autobianchi
Histoire d'Autobianchi 🚗
Autobianchi était un constructeur automobile italien, né en 1955 de la fusion de trois partenaires : Fiat, Bianchi (constructeur historique fondé en 1885 par Edoardo Bianchi) et Pirelli. L'usine fut installée à Desio, en Lombardie.
Les grandes étapes
1957 – Bianchina : premier modèle, une petite voiture chic dérivée de la Fiat 500, disponible en break, cabriolet et van. Très populaire en Italie.
1964 – Primula : modèle révolutionnaire et véritable laboratoire pour Fiat. Ce fut l'une des premières voitures italiennes à traction avant, moteur transversal et boîte de vitesses en bloc — une architecture testée ici avant d'être généralisée sur la Fiat 128 en 1969.
1965 – Autobianchi A111 : berline compacte à traction avant, le plus gros modèle de la marque, produite en petite série.
1966 – A112 : petite citadine à grand succès, ancêtre spirituel de la Lancia Ypsilon. Elle fut produite jusqu'en 1986 à plus de 1,2 million d'exemplaires et servit aussi de base aux fameuses versions Abarth.
1968 – rachat complet par Fiat : Fiat absorbe la totalité de la société.
Le déclin et l'héritage
À partir des années 1970, Autobianchi sert surtout de marque-test pour les innovations Fiat (traction avant, plates-formes modernes). En 1987, la marque devient Lancia Autobianchi, puis les modèles (comme la Y10, dérivée de l'A112) sont vendus sous le seul nom Lancia en Europe. La marque disparaît définitivement à la fin des années 1990.
Son héritage est important : Autobianchi a permis à Fiat de maîtriser la traction avant en douceur, sans toucher à l'image de la marque mère — un pari technologique qui a façonné toute l'industrie automobile italienne.
|
1969-1986 |
Avions Voisin
L'histoire d'Avions Voisin 🚗✈️
De l'aviation à l'automobile. Gabriel Voisin (1880–1973), né à Belleville-sur-Saône, est un des pionniers de l'aviation : avec son frère Charles, il fonde « Voisin frères » en 1906–1907 à Issy-les-Moulineaux. Leurs avions réalisent des exploits historiques, et pendant la Première Guerre mondiale, l'usine fabrique plus de 10 000 avions militaires. Traumatisé par l'usage militaire de ses machines, Gabriel Voisin abandonne l'aviation et reconvertit son usine en constructeur automobile de prestige en 1919, sous le nom d'Avions Voisin, pour rivaliser avec Bugatti, Hispano-Suiza, Bentley ou Rolls-Royce
Les grandes années (1919–1930). La première voiture, la C1 (1919, ~1 200 exemplaires), est une voiture de luxe à moteur 4 cylindres de 4 L à chemises coulissantes Knight — sans soupapes, silencieux et fiable, la signature technique de la marque. Une limousine devient voiture officielle du président Alexandre Millerand en 1920. La C3 (1921, ~1 700 ex.) s'illustre en compétition, notamment avec un triplé au Grand Prix de l'ACF 1922
Voisin se distingue par :
- un style « rationnel » très personnel : lignes anguleuses, légèreté, usage intensif de l'aluminium, châssis très bas dans les années 1930 ;
- des innovations audacieuses : la Voisin Laboratoire de 1923, une des premières voitures à châssis monocoque, avec une hélice miniature refroidissant le radiateur
- l'inspiration Art déco et un lien étroit avec Le Corbusier, dont il finance le « plan Voisin » de Paris
Le déclin (années 1930). La crise frappe durement ce constructeur hors normes : la C25 (1934–1937) ne trouve que 28 acheteurs, la somptueuse C27 (coupé Aérosport et cabriolet Figoni & Falaschi acheté par le Chah d'Iran) n'est vendue qu'à 2 exemplaires — aujourd'hui dans la collection Peter Mullin en Californie. La C30 (~60 exemplaires) ne sauve pas l'usine : la production automobile cesse à la veille de la Seconde Guerre mondiale (
Après la guerre. Gabriel Voisin se lance dans des projets de petites voitures économiques (le « Biscooter », produit sous licence en Espagne comme PTV), sans retrouver le succès. Il meurt en 1973, restant une des figures les plus originales de l'automobile française
Aujourd'hui, les Avions Voisin comptent parmi les voitures de collection les plus cotées et les plus recherchées — des œuvres d'ingénierie au style incomparable
|
1919- |
AWE
Automobilwerk Eisenach (AWE) — une des plus anciennes usines automobiles d'Allemagne, active près d'un siècle à Eisenach (Thuringe).
🏭 Les débuts (1896–1928)
- Fondée en 1896 sous le nom Fahrzeugfabrik Eisenach AG, elle produit dès 1898 la Wartburg, voiture inspirée des modèles Decauville françaises — parmi les premières automobiles fabriquées en série en Allemagne.
- En 1904, la société devient Dixi-Werke ; la petite Dixi connaît un grand succès populaire.
⚙️ L'ère BMW (1928–1945)
- En 1928, BMW rachète l'usine pour entrer dans l'automobile : la Dixi 3/15 (sous licence Austin Seven) devient la première voiture de BMW, bientôt rebaptisée BMW 3/15.
- Eisenach produit ensuite les modèles BMW 3/20, 303, 315, 326 et la sportive 327.
🚩 Sous la RDA (1945–1991)
- Après la guerre, la Thuringe passe en zone soviétique : l'usine est expropriée et devient d'abord EMW (Eisenacher Motorenwerk — la marque locale utilisant le logo BMW, ce qui conduit BMW à créer son logo en quartiers bleu/blanc).
- À partir de 1955, l'usine, devenue VEB Automobilwerk Eisenach, lance la Wartburg 311/312, puis la fameuse Wartburg 353 (1966) : une voiture à trois cylindres deux temps, robuste et exportée dans tout le bloc de l'Est.
- Environ 2,2 millions de Wartburg sortiront d'Eisenach, en partie construites à la main faute d'investissements.
🔚 La fin
- La réunification allemande signe l'arrêt : la technologie deux temps ne répond plus aux normes environnementales et économiques occidentales. La dernière Wartburg 1.3 (moteur VW quatre temps) sort le 10 avril 1991, et l'usine ferme.
- Le site est repris par Opel, qui y ouvre une usine moderne — la tradition automobile d'Eisenach se poursuit donc aujourd'hui, après 125 ans d'histoire.
|
1957-1964 |
Azelle
Histoire de la 2CV Azelle 🚗
L'Azelle est un cabriolet 2 portes, 2 places, créé à partir d'une Citroën 2CV — un modèle que Citroën n'a jamais produit en cabriolet "civil" d'usine.
Les débuts (1987-1990)
En 1987, Alain Le Bihan, passionné de 2CV, se lance dans la conception d'un kit en polyester sur une 2CV accidentée de récupération. Après une maquette à l'échelle 1 en plâtre, il réalise le moule et conçoit un arceau qui renforce la structure de la caisse Le premier modèle sort d'atelier et passe aux Mines en 1990 (numéro de série 001).
Le nom
En reprenant la logique des codes Citroën (A, AZ, AZA, AZAM, AZKA), Alain Le Bihan pense d'abord à « AZL » (pour AZ — Le Bihan), mais l'acronyme existe déjà. Il songe à « AZEL », puis ajoute « LLE », transformant un code fabricant en un prénom évoquant la légèreté du cabriolet
L'homologation : une exclusivité française
L'Azelle est aujourd'hui la seule 2CV homologuée en cabriolet en France : l'agrément a été délivré le 2 mai 1990 par la Direction Régionale de l'Industrie et de la Recherche d'Île-de-France. Tout propriétaire d'une 2CV 6 transformée peut obtenir une carte grise avec la mention « cabriolet » après examen de conformité réalisé par Alain Le Bihan
La fabrication
Le principe : partir d'une 2CV en bon état fournie par le client, la déshabiller, découper l'arrière de la carrosserie, puis visser des arceaux de renfort (45 kg) qui tiennent la partie arrière en composite et servent de points d'ancrage aux ceintures. Depuis le durcissement de la loi, la voiture doit être montée par Le Bihan dans ses ateliers (à Lalouvesc, Ardèche), puis vérifiée par l'UTAC avec un certificat de conformité . La production reste très confidentielle : quelques unités par an depuis une trentaine d'années.
Anecdote de prestige
Robert Opron — le designer célèbre de la DS (après 1967), de la SM, de la CX et de la Renault 25 — a été séduit au point de commander en 2015 sa propre Azelle sur une 2CV de 1990, déclarant : « Si j'avais dessiné moi-même un cabriolet 2CV, je n'aurais pas fait mieux ». Homologuée fin 2020, la voiture a roulé moins de 800 km avant sa mort en mars 2021, et a ensuite été mise en vente chez Artcurial
Azelle 2CV cabriolet |





Routemaster





E10 1600





















