Voici les grandes étapes de l’histoire de Panhard & Levassor, l’un des pionniers de l’industrie automobile française et mondiale :
Fondation et débuts
Panhard & Levassor a été fondée en 1886 (ou 1887 selon les sources) par René Panhard, Émile Levassor et l’avocat belge Edouard Sarazin. L’entreprise s’est d’abord spécialisée dans la fabrication de moteurs sous licence Daimler, avant de se lancer dans la construction d’automobiles. En 1890, elle vend sa première automobile, équipée d’un moteur Daimler, et en 1891, elle lance la production en série de trente véhicules, marquant ainsi la naissance de l’industrie automobile moderne. Le modèle phare de cette époque, le « Système Panhard », se distinguait par son moteur avant et sa transmission aux roues arrière, une configuration qui deviendra la norme pour les voitures de tourisme.
Innovations et succès
Panhard & Levassor a introduit plusieurs innovations majeures : le volant (dès 1894), l’allumage par incandescence, et a dominé les premières courses automobiles, comme Paris-Rouen en 1894 et Paris-Bordeaux-Paris en 1895. La marque était également le plus important constructeur et exportateur mondial d’automobiles en 1900.
Évolution et déclin de la production civile
Après la mort d’Émile Levassor en 1897, la direction est reprise par Arthur Krebs, puis par la famille Panhard. La marque continue d’innover, notamment avec des moteurs à chemises dans les années 1910-1920. En 1965, Panhard & Levassor est rachetée par Citroën, qui arrête la production de voitures particulières en 1967, tout en maintenant l’activité militaire.
Héritage militaire et moderne
Panhard s’est ensuite spécialisée dans les véhicules tactiques et militaires. En 2005, elle est rachetée par Auverland, puis intégrée à Renault Trucks Defense en 2012. Depuis 2018, Panhard fait partie du groupe Arquus, mettant fin à son existence en tant qu’entité indépendante.
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1891-1896 |
1894 |
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1902 |
1911 |
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1911 |
1912 |
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1920 |
1925 |
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1947-1954 |
1948 |
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1952-1956 |
1954-1959 |
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1959-1965 |
1962-1965 |
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1963-1967 |
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VÉHICULES DE COMPÉTITION
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1908 |
1925 |
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1926 |
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La Panhard & Levassor Type A occupe une place majeure dans l’histoire de l’automobile. Produite entre 1890 et 1896 à 195 exemplaires, elle est considérée comme la première voiture à moteur à essence produite en série au monde, grâce à son moteur Daimler Type P. Ce modèle a marqué un tournant en adoptant des innovations techniques comme le moteur placé à l’avant (dès 1891 avec la P2B), une boîte à trois rapports et une transmission par chaîne vers les roues arrière. La Type A a également introduit le premier volant de l’histoire de l’automobile en 1894, remplaçant la barre franche horizontale (surnommée « queue de vache ») utilisée jusqu’alors.
La voiture a dominé les premières compétitions automobiles, notamment la course Paris-Rouen en 1894, où elle s’est imposée face à d’autres technologies (vapeur, électrique, etc.). Les pilotes emblématiques comme Émile Levassor, René Panhard ou Alfred Vacheron ont contribué à sa renommée. La Type A était équipée de moteurs Daimler P2C puis P2D, et son succès a permis à Panhard & Levassor de devenir le premier constructeur automobile français et un acteur clé de l’industrie naissante.
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1891-1896 |
1898 |
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1899 |
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La Panhard & Levassor Dyna X est une voiture emblématique de l’après-guerre en France, présentée au salon de Paris en 1946, en même temps que la Renault 4CV, dont elle fut une des principales rivales. Conçue par l’ingénieur Jean Albert Grégoire, elle a marqué un tournant pour Panhard, qui passe des voitures de luxe d’avant-guerre à des modèles plus accessibles, en adéquation avec les besoins économiques de l’époque et le Plan Pons, qui encourageait la production de voitures populaires et économes.
Caractéristiques et innovations :
Production et héritage :
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1947-1954 |
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La Panhard PL 17 est un modèle emblématique de la marque française, présenté le 29 juin 1959 pour succéder à la Dyna Z. Son nom vient des initiales des fondateurs (Panhard & Levassor) et du chiffre 17, qui est la somme de 5 CV (fiscal horses), 6 places et 6 litres aux 100 km, reflétant ses caractéristiques techniques et économiques. La PL 17 était en réalité une évolution stylistique de la Dyna Z, avec une cellule centrale reprise, mais une proue et une poupe modernisées. Elle a été produite en plusieurs versions : berline 4 portes, cabriolet (à partir de 1961), break (à partir d’avril 1963), pickup et fourgonnette. La version break, développée par l’italien Pan Auto, avait un empattement plus long, mais une longueur totale identique.
La PL 17 a connu un succès honorable, avec plus de 130 000 exemplaires vendus entre 1959 et 1965, malgré une concurrence rude et un positionnement tarifaire parfois difficile à justifier face à des modèles comme la Simca 1300. Elle était appréciée pour sa tenue de route, son économie de carburant et son habitabilité, notamment grâce à une largeur de caisse supérieure à la moyenne. À partir de 1964, elle a été rebaptisée 17B (berline) ou 17BT (berline à moteur Tigre) pour s’aligner sur la nomenclature de la 24 CT.
La PL 17 a marqué l’histoire de Panhard, notamment par son design aérodynamique pour l’époque et son moteur bicylindre à refroidissement par air, qui a aussi équipé de nombreuses voitures de sport artisanales. Cependant, son succès a été limité par le rachat de Panhard par Citroën en 1955, qui a progressivement réduit son autonomie et son soutien commercial.
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1959-1965 |
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VÉHICULES UTILITAIRES
PL17 Fourgonnette |
La Panhard & Levassor CD est un modèle emblématique produit entre 1962 et 1964. Les initiales « CD » proviennent directement de celles de son inventeur, l’ingénieur Charles Deutsch, l’un des deux fondateurs de la marque DB (Deutsch-Bonnet) avec René Bonnet. Ces deux passionnés avaient l’habitude de produire des voitures utilisant des composants Panhard & Levassor, et la CD est le fruit de cette collaboration. La CD est un coupé fastback 2 portes, produit à seulement 159 exemplaires, ce qui en fait un modèle rare et recherché par les collectionneurs. Elle a notamment participé à des compétitions comme les 24 Heures du Mans en 1962, 1963 et 1964, avec des résultats mitigés (indice de performance en 1962, abandon en 1963 et 1964.
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1962-1965 |
VÉHICULES DE COMPÉTITION