Deutsch-Bonnet
Voici l’histoire de Deutsch-Bonnet, une marque automobile française emblématique :
Fondation et origines
Deutsch-Bonnet (DB) a été fondée en 1938 par Charles Deutsch et René Bonnet à Champigny-sur-Marne, près de Paris. Charles Deutsch, ingénieur théoricien spécialisé en aérodynamique, et René Bonnet, ingénieur mécanique pragmatique, ont uni leurs forces pour créer des voitures de sport légères et performantes. Leur collaboration a débuté dans les années 1930, lorsque Bonnet a repris l’atelier de carrosserie de la famille Deutsch en 1932. Leur passion commune pour la compétition automobile a rapidement orienté leur production vers des modèles adaptés aux courses, notamment en utilisant des moteurs Panhard à deux cylindres, réputés pour leur fiabilité et leur légèreté.
Innovations et succès en compétition
Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, DB s’est illustrée dans les courses automobiles. Leurs voitures, souvent équipées de moteurs Panhard (610 cm³, 744 cm³ ou 848 cm³), se sont distinguées par leur aérodynamisme avancé, permettant d’atteindre des vitesses impressionnantes malgré une puissance modeste. Parmi leurs modèles les plus célèbres, on trouve :
- DB7 (1947) : l’un des premiers modèles officiels après-guerre.
- HBR5 (1954–1959) : leur projet le plus abouti, avec plusieurs centaines d’exemplaires produits. Ce modèle a remporté des succès notables, comme une 10e place aux 24 Heures du Mans 1954 avec René Bonnet et Élie Bayol au volant.
- Le Mans (1958–1964) : un roadster conçu pour rivaliser avec les modèles anglais sur le marché américain, un marché porteur pour les petites voitures sportives.
DB a également participé à d’autres épreuves d’endurance, comme les 12 Heures de Sebring, et a marqué l’histoire grâce à des designs innovants, comme des carrosseries en fibre de verre (une première pour l’époque).
Divergences et fin de l’aventure
Dans les années 1960, des désaccords sont apparus entre les deux fondateurs :
- Charles Deutsch souhaitait rester fidèle aux moteurs Panhard et aux voitures à traction avant.
- René Bonnet prônait l’adoption de moteurs Renault et une transition vers des modèles à moteur central, plus modernes.
Ces divergences ont conduit à la séparation en 1961 :
- Charles Deutsch a fondé sa propre entreprise, CD (Charles Deutsch), continuant à produire des voitures à moteur Panhard.
- René Bonnet a créé Automobiles René Bonnet, se tournant vers Renault et le moteur central. Cette société a ensuite été intégrée à Matra Automobiles.
La marque DB a officiellement disparu en 1962, mais son héritage perdure, notamment grâce à des modèles comme la CD Dyna ou la René Bonnet Djet, qui ont marqué l’histoire de l’automobile française.
Pourquoi cette marque est-elle si mémorable ?
DB a prouvé qu’une petite structure pouvait rivaliser avec les grands constructeurs en misant sur l’innovation, la légèreté et l’aérodynamisme. Leurs voitures, souvent construites sur mesure, étaient adaptées aussi bien à la route qu’à la compétition, un exploit rare pour l’époque.
Deutsch-Bonnet Coach HBR 5
La Deutsch-Bonnet HBR 5 est l’un des modèles les plus emblématiques de la marque française Deutsch-Bonnet (DB), fondée par René Bonnet et Charles Deutsch, deux passionnés de course automobile et constructeurs innovants. Voici les points clés de son histoire :
Origines et développement
- Contexte : Après la Seconde Guerre mondiale, Deutsch et Bonnet se spécialisent dans la construction de voitures de sport légères, souvent basées sur des mécaniques Panhard. Leur collaboration officielle sous la marque DB débute en 1947, mais leur association remonte aux années 1930.
- Inspiration : Le succès de leurs barquettes légères (comme les "tanks") en compétition, notamment aux 24 Heures du Mans et au Tour de France automobile, les pousse à concevoir une voiture de route performante et accessible. Le HBR 5 est lancé en 1954, répondant à une demande croissante pour une GT française compacte et compétitive.
Caractéristiques techniques
- Moteur : Le HBR 5 est équipé d’un bicylindre à plat Panhard (851 cm³), refroidi par air, développant initialement 42 chevaux (norme SAE) dans sa version standard, et jusqu’à 52 chevaux dans la version "Rallye Luxe". Une version "Super Rallye" (1960-1961) propose un moteur de 954 cm³ et 70 chevaux, avec un double allumage et quatre carburateurs pour deux cylindres.
- Châssis et carrosserie : Structure en poutre centrale, train avant triangulé, et carrosserie en fibre de verre (l’une des premières voitures de série françaises à utiliser ce matériau). Le poids plume (environ 570 kg) et l’aérodynamisme lui confèrent une excellente tenue de route et une vitesse maximale de 155 à 175 km/h selon les versions.
- Transmission : Boîte de vitesses entièrement synchronisée, inspirée de la Panhard Dyna, avec une commande située derrière le volant pour un passage de rapports rapide.
Succès et héritage
- Compétition : Le HBR 5 brille en compétition, remportant sa classe aux 24 Heures du Mans (10e place au général en 1954 avec René Bonnet et Élie Bayol), au Tour de France automobile, et aux 12 Heures de Sebring. La marque DB accumule près de 1 000 victoires en course grâce à ses modèles.
- Production : Environ 660 exemplaires du Coach HBR 5 (et ses variantes HBR 4, Mille Miles) sont produits entre 1954 et 1961, dont une centaine exportés aux États-Unis. La version "Super Rallye" (1960-1961) est limitée à 10 exemplaires.
- Design : Ligne élégante signée par le carrossier Antem, puis Frua, avec des évolutions comme la suppression de l’arête centrale du capot (1956) ou l’intégration des pare-chocs (1957). Certaines versions proposent un toit transparent "Vistadome".
Fin de l’aventure DB
- Séparation : En 1961, des désaccords entre Deutsch (fidèle à Panhard) et Bonnet (partisan de Renault) mènent à la dissolution de DB. Bonnet poursuit sous le nom "Automobiles René Bonnet", tandis que Deutsch crée sa propre structure (CD). Le HBR 5 reste le symbole de leur collaboration réussie
Anecdotes
- Le nom HBR 5 vient des codes de la Fédération Internationale du Sport Automobile :
- H : Voitures de sport (500-750 cm³, puis 750-1000 cm³).
- B : Biplaces.
- R : Routières.
- 5 : Puissance fiscale (5 CV).
Le HBR 5 est aujourd’hui une pièce recherchée des collectionneurs, symbole d’une époque où l’innovation et la passion du sport automobile français se mariaient avec élégance.
