Gordini
Gordini
Gordini : l'histoire du « Sorcier »
Les débuts (années 1930)
Amédée Gordini (Amedeo, né en 1899 à Bazzano, en Émilie-Romagne) émigre jeune en France, où il travaille comme mécanicien dans des garages de la banlieue parisienne. Au milieu des années 1930, il commence à transformer les mécaniques des Fiat construites sous licence par Simca : ses Simca 5 et 8 modifiées courent au Mans et au Bol d'Or, qu'il remporte en 1938
Le constructeur indépendant (1946-1957)
Après la guerre, il fonde sa propre société en 1946 et construit des voitures de course sur base Simca, puis des monoplaces et sport-prototypes entièrement de sa main : coupés barchetta à châssis tubulaire, monoplaces de Formule 1 (33 Grands Prix entre 1950 et 1956, notamment avec Jean Behra et Robert Manzon), et victoires au Bol d'Or en 1947, 1948, 1949 et 1951
Ses voitures rapides et légères lui valent le surnom de « Sorcier » des moteurs. Mais à partir du milieu des années 1950, faute de soutiens financiers (le divorce avec Simca et Pigozzi), la petite structure est au bord de la faillite, malgré sa Légion d'honneur reçue en 1953
Le rapprochement avec Renault (1957)
Renault lui propose en 1957 de préparer sa toute nouvelle Dauphine, dont il fait passer le moteur de 30 à 38 ch. La Dauphine Gordini remporte le Rallye Monte-Carlo et le Tour de Corse 1958 : c'est le début d'une collaboration légendaire
Les années de gloire (1964-1977)
- 1964 : la R8 Gordini, son chef-d'œuvre. Moteur porté à 95 ch (110 ch en version 1300 de 1966, 175 km/h), quatre phares, bleu France avec doubles bandes blanches : la « Gordi » devient un phénomène en France, vendue à plus de 11 000 exemplaires.
- 1966 : la Coupe R8 Gordini, l'une des premières coupes monomarques, école de pilotage d'où sortent Darniche, Jabouille, Jarier, Thérier…
- 1969 : Renault rachète la société, qui s'installe à Viry-Châtillon et devient le département compétition de la marque ; les moteurs de F1 Renault y seront développés.
- 1970-1974 : la R12 Gordini, puis la R17 Gordini (1977, 125 ch), dernière à porter la griffe avant sa disparition du catalogue.
- Gordini prépare aussi les moteurs 4 cylindres et V6 d'Alpine : le V6 turbo de l'Alpine A442 victorieuse au Mans en 1978 porte son héritage
La fin et l'héritage
Amédée Gordini meurt le 25 mai 1979 à Louveciennes, quelques semaines avant la première victoire en Formule 1 du moteur V6 turbo Renault, développé par l'équipe issue de sa société. Il repose au cimetière de Montmartre. En 1976, Gordini et Alpine fusionnent pour former Renault Sport
La renaissance (2009-aujourd'hui)
En novembre 2009, Renault relance la griffe Gordini comme finition chic et sportive de sa gamme Renault Sport : Twingo Gordini RS, Clio Gordini RS, Wind Gordini, avec le bleu et les bandes blanches en clin d'œil à la R8 — environ 200 000 Renault Gordini ont été vendues au total
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1952-1956 |
Sous-catégories
Gordini Type 16
La Gordini Type 16 (T16), 1952–1956
Contexte. Après sa rupture avec Simca (1951), Amédée Gordini devient indépendant et doit concevoir son propre moteur. La T16 est sa première monoplace entièrement nouvelle depuis la fin des années 1940, succédant aux Simca-Gordini T11/T15
Technique. Monoplace à roues découvertes très légère (environ 590–680 kg), châssis tubulaire en acier et carrosserie en aluminium. Moteur 6 cylindres en ligne, double arbre à cames en tête, environ 2,3–2,5 litres, 3 carburateurs Weber double corps, développant environ 175 à 228 ch selon les versions, boîte 4 rapports, propulsion. Châssis court et agile, mais instable à haute vitesse face aux Ferrari, Maserati ou Mercedes
Carrière en course.
- Début au Grand Prix de Suisse 1952 à Bremgarten : Jean Behra monte sur le podium (3e) derrière les Ferrari 500, le premier podium de la T16 en championnat du monde. Les courses 1952–1953 se disputaient aux règles de la Formule 2, catégorie pour laquelle la voiture avait été conçue .
- Gordini s'établit en 1952 comme la « deuxième force » du championnat derrière Ferrari, sans pouvoir réellement les inquiéter : Robert Manzon finit 6e du championnat, Behra 11e
- Victoire de Behra au Grand Prix de la Marne à Reims-Gueux 1952, hors championnat, face aux Ferrari d'usine
- Victoire de Maurice Trintignant au premier Grand Prix de Caen 1952, devant Jean Behra — doublé Gordini.
- Podiums en 1953 (3e au Grand Prix des Frontières) et une 3e place partagée Pollet/Behra au GP de Caen 1954 ; faute de moyens, la fiabilité reste le point faible
- Pilotes associés : Jean Behra, Robert Manzon, Maurice Trintignant, le prince Bira, Harry Schell, Jacques Pollet, Paul Frère, Roberto Mieres, Clemar Bucci...
Bilan. Environ 26–31 Grands Prix de championnat du monde entre 1952 et 1956, sans victoire ni pole en championnat ; la T16 fut remplacée par la Type 32 (8 cylindres) à partir de 1956. Un exemplaire est conservé à la Cité de l'Automobile de Mulhouse (collection Schlumpf), et la voiture reste une icône du « Bleu Gordini » du sport automobile français
