Delaunay-Belleville
Delaunay-Belleville
Delaunay-Belleville : l'histoire d'un fleuron du luxe automobile français
Les origines (avant 1904). L'entreprise nait d'une activité de chaudronnerie et de construction de chaudières industrielles fondée à Saint-Denis par Julien Belleville et son gendre Louis Delaunay — les monumentales chaudières Ladd-Belleville notamment. Ses fils, Pierre et Robert Delaunay-Belleville, créent la société automobile en 1904, avec l'ingénieur Marius Barbarou (venu de Benz) comme concepteur des moteurs
L'âge d'or (1904-1914). Le premier modèle, le type H-4 (limousine à 4 cylindres de 3,6 litres), lance une production exclusivement très haut de gamme. La marque se distingue par :
- Sa calandre circulaire emblématique, héritée de la forme des tubes de ses chaudières ;
- Des moteurs silencieux et sans vibration, fruit de l'ingénierie de Barbarou ;
- Une qualité de fabrication exceptionnelle (alliages de pointe, usinages précis, montage à l'unité) ;
- Des châssis carrossés sur mesure par Labourdette, D'Ieteren, Mühlbacher, etc.
Avant 1914, Delaunay-Belleville est considérée comme la marque automobile la plus prestigieuse au monde, la rivale (et souvent la supérieure) de Rolls-Royce en raffinement. Sa clientèle : têtes couronnées et aristocratie — le roi d'Espagne Alphonse XIII, la famille royale de Grèce, et surtout le tsar Nicolas II, dont les garages impériaux comptent de nombreux modèles
La Première Guerre mondiale. L'usine se reconvertit : chars Renault FT, remorques d'artillerie, moteurs d'avion Hispano-Suiza V8, fusils Berthier, ambulances et voitures d'état-major
L'entre-deux-guerres. La ligne est modernisée après 1919, et la marque lance en 1922 la 12-CV P-4-B à arbre à cames en tête — technologie acquise avec les moteurs d'avion. Mais le marché du luxe se réduit avec la crise des années 1930 : les modèles deviennent moins ambitieux, avec des châssis à moteurs Continental de 4 et 4,5 litres en 1931
Le déclin et la fin. Le dernier modèle de série, la RI-6 (une réplique de la Mercedes 230 à quatre roues indépendantes), est produite jusqu'en 1948. L'usine de Saint-Denis est alors cédée à De Rovin, qui y construit... des voiturettes jusqu'à la fin des années 1950 — chute ironique pour celle qui avait fourni les souverains d'Europe
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1908- |
Sous-catégories
Delaunay-Belleville F6
La Delaunay-Belleville F6 (28 HP)
La Delaunay-Belleville F6, vendue commercialement sous le nom de 28 HP, est une automobile de grand luxe produite par le constructeur français Delaunay-Belleville, dont l'usine était située à Saint-Denis.
Contexte : la marque
Delaunay-Belleville était à l'origine une entreprise de chaudronnerie réputée pour ses chaudières industrielles (notamment pour la marine britannique). C'est de la forme cylindrique de ces chaudières que vient la célèbre calandre circulaire des voitures d'avant-guerre. La division automobile fut créée en 1903-1904 par Louis Delaunay-Belleville, avec l'ingénieur Marius Barbarou (ancien de Benz et Clément) comme concepteur. Avant 1914, la marque était considérée comme la plus prestigieuse au monde — elle comptait parmi ses clients le tsar Nicolas II, le roi Georges Ier de Grèce et Alphonse XIII d'Espagne.
Historique du modèle F6
- 1908 : lancement du type F6 — c'est la première six-cylindres de la marque. Vendu en 1909 et 1910.
- Il est suivi du type FA6 (1911), FB6 (1912, acheté notamment par la famille royale de Grèce), FD6 (1913) et FH6 (1914).
- Jusqu'en 1916, 814 exemplaires de ces types ont été produits
- Seul le châssis était fabriqué en usine ; la carrosserie était réalisée à l'extérieur selon les vœux du client.
Technique
- Moteur 6 cylindres (98 × 122 mm, environ 4,4 L, soupapes en L), environ 35 ch réels ; puissance fiscale de 24 CV (1913)
- Transmission par cardan aux roues arrière, boîte 4 rapports, embrayage à cône de cuir.
- Vitesse de l'ordre de 105 à 113 km/h — remarquable pour l'époque.
- Châssis en acier en U, plusieurs empattements, versions allégées (Sporting en Grande-Bretagne) et surélevées. Poids d'un phaéton de 1908 : environ 2 tonnes.-
- Lubrification sous pression (brevet Belleville de 1897 pour moteurs marins), rendant le moteur exceptionnellement souple et silencieux pour l'époque. -Un exemplaire de 1908, carrossé « Roi des Belges » et livré neuf au baronet britannique J. Milne Barbour, est conservé au Revs Institute (États-Unis) — il s'agissait de la toute première six-cylindres sortie de l'usine.
