Bugatti
Bugatti
Histoire de Bugatti 🏎️
Les débuts — Ettore Bugatti (1909)
Bugatti est fondée en 1909 à Molsheim, en Alsace (alors en Allemagne), par l'Italien Ettore Bugatti (1881–1947), issu d'une famille d'artistes milanais. Il conçoit ses voitures comme des œuvres d'art autant que des machines de performance. Sa devise : « Si c'est comparable, ce n'est plus du Bugatti. »
L'âge d'or (années 1920–1930)
- Type 35 (1924) : la voiture de course la plus titrée de l'histoire (~2 000 victoires), emblème de la marque avec sa calandre en fer à cheval.
- Type 41 « Royale » (1926–1933) : limousine monumentale, seulement 6 exemplaires construits — un échec commercial devenu légendaire.
- Type 57 et la version Atlantic (1936), dessinée par Jean Bugatti, fils d'Ettore : l'une des voitures les plus chères du monde aujourd'hui.
- Victoires au Grand Prix de France, à la Targa Florio (5 succès), et victoire aux 24 Heures du Mans 1934 (Type 57G « Tank »).
Le déclin
- 1939 : mort de Jean Bugatti dans un accident d'essai — un coup terrible pour l'entreprise.
- Seconde Guerre mondiale : l'usine de Molsheim est bombardée.
- 1947 : mort d'Ettore Bugatti. La marque périclite ; une dernière production, la Type 101, ne trouve que 6 acheteurs. L'entreprise ferme ses portes vers 1952 (environ 7 900 voitures construites au total).
Résurrections successives
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1987–1995 : Bugatti Automobili (Romito Artioli) — usine italienne à Campogalliano. La EB110 (1991), quadri-turbo, 553 ch, est lancée pour les 110 ans d'Ettore — une prouesse technique, mais la récession et les coûts tuent l'entreprise en 1995.
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1998 : rachat par Volkswagen (via le groupe VW, sous l'ère Ferdinand Piëch). En 2005 naît la Veyron 16.4 : plus de 1 000 ch, 407 km/h, moteur W16 quadri-turbo — elle redevient la voiture de production la plus rapide et la plus chère du monde. La Chiron (2016, 1 500 ch) pousse à 490 km/h avec la version Super Sport 300+ (record à 490,48 km/h en 2019).
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2021 : Bugatti entre dans le groupe Bugatti Rimac, coentreprise entre Porsche et Rimac — une alliance surprenante entre le luxe français et la haute technologie électrique croate, dirigée par Mate Rimac.
Aujourd'hui
Bugatti, toujours basée à Molsheim, produit des hypercars en séries très limitées (Chiron, Bolide piste, et le nouveau modèle hybride Tourbillon, 1 800 ch, annoncé en 2024). La marque reste synonyme de savoir-faire artisanal français et d'excellence extrême : chacune de ses voitures est assemblée à la main.
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Sous-catégories
Bugatti Type 13
La Bugatti Type 13 « Brescia »
🏁 Origines (1910)
La Type 13 est la première « vraie » Bugatti. Conçue dès 1910 par Ettore Bugatti, elle succède au prototype Type 10, assemblé dans sa cave alors qu'il était encore ingénieur chez Deutz à Cologne. Petite et légère, elle ne paie pas de mine — certains la prennent presque pour un jouet — mais sa tenue de route, sa direction précise et son freinage excellents en font une redoutable voiture de course dès les courses de côte de 1910
Elle est motorisée par un 4 cylindres de 1,3 L à 8 soupapes (16 soupapes sur les versions de course, parmi les toutes premières culasses multirisorts de l'histoire). Ettore Bugatti y affirme déjà sa philosophie : la légèreté et l'agilité plutôt que la puissance brute.
⚙️ La renaissance d'après-guerre
La production s'interrompt pendant la Première Guerre mondiale et reprend en 1920. La version présentée au Salon de Paris en 1919 adopte un moteur 4 cylindres 16 soupapes de 1,4 à 1,5 L (1 453 cc après l'alésage porté à 68 mm en 1921), développant 40 à 50 ch, avec double allumage. C'est l'archétype de la « voiturette » : légère, agile, fiable, capable de monter à 4 500 tr/min
🏆 Le quadruplé de Brescia (1921)
Le 8 septembre 1921, au Grand Prix des Voiturettes de Brescia (premier Grand Prix automobile d'Italie), Ettore engage quatre Type 13 : elles terminent aux quatre premières places de leur catégorie, dans l'ordre Friderich, de Vizcaya, Baccoli et Marco. Le retentissement est immense : la voiture prend le nom de « Brescia », et les commandes affluent. Cette victoire signe aussi le début du déclin des grosses voitures de course lourdes au profit des légères
🚗 La famille Brescia
La gamme se décline ensuite selon l'empattement du châssis :
- Type 13 : 2 m de voie, la voiture de course
- Type 22 : 2,40 m, version roadster
- Type 23 : 2,55 m, version routière (tourer)
- Type 27 (1922) : variante 2 ou 4 places, 50-60 ch
Environ 2 000 exemplaires de la famille Brescia sont produits jusqu'en 1926. Les modèles routiers sont surnommés « pur-sang », en écho à la vision d'Ettore Bugatti. Des freins à l'avant sont ajoutés en 1926
🌊 L'anecdote du lac Majeur
Une Type 22 Brescia de 1925 (châssis n° 2461), ayant appartenu au pilote René Dreyfus, a passé près de 70 ans par 53 m de fond dans le lac Majeur — sans doute abandonnée par les douaniers suisses après un litige de taxes. Remontée en 2009, elle a été vendue 260 000 € aux enchères à Rétromobile en 2010, et est exposée depuis en Californie dans la collection Peter Mullin, dans son état d'épave sous-marine
🏁 Postérité
La Type 13 est la voiture qui a fait la légende Bugatti : première victoire internationale majeure, première vraie voiture de sport moderne, et l'acte fondateur de la philosophie « pur-sang » qui conduira aux Type 35 et 37. Elle est aujourd'hui l'une des automobiles de collection les plus recherchées.
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