Les origines (1958–1981) Hongqi est la plus ancienne marque de voitures particulières chinoise. Elle est lancée en 1958 par FAW (First Automobile Works), le constructeur public fondé en 1953 à Changchun, dans le nord-est de la Chine, avec le soutien technique soviétique. Le premier modèle, la limousine CA72 (inspirée d'une Chrysler de 1955, moteur V8), sort en 1958–1959 : elle est conçue pour transporter les hauts dignitaires du Parti communiste chinois et devient la voiture des défilés et cérémonies d'État. Le logo calligraphié de la marque est d'ailleurs écrit de la main de Mao Zedong.
La CA770 (1963), immense berline à trois rangées de sièges, devient le modèle iconique de cette époque, décliné en versions blindées dès 1969. La production de ces limousines coûteuses et gourmandes est arrêtée en 1981.
Relance et dérivés (années 1990–2010) La marque est ressuscitée au milieu des années 1990, mais en s'appuyant sur des bases étrangères : assemblage d'Audi 100, de Lincoln Town Car (CA7460), de Toyota Crown Majesta (HQ3 en 2006) et même une Rolls-Royce Phantom locale. En 2013, la H7 redevient la voiture officielle du régime.
Le tournant moderne (depuis 2017) L'arrivée de Xu Liuping à la tête de FAW en 2017 relance fortement les ambitions : nouvelles gammes H5/H7/H9 (la luxueuse H9 arrive en 2020), SUV HS5/HS7/E-HS9 électriques, et même la supercar hybride S9. Les ventes bondissent d'environ 20 000 en 2018 à 100 000 en 2019, 200 000 en 2020 et 300 000 en 2021, avec pour objectif 300 000 véhicules/an et 17 nouveaux modèles dont des électriques. La marque s'exporte désormais au Moyen-Orient et en Europe.
En résumé : née comme symbole politique (voiture des dirigeants), Hongqi est devenue en une décennie une marque de luxe « grand public » à vocation internationale, fleuron du nationalisme automobile chinois.
La CA770 est née à Changchun chez First Automotive Works (FAW), constructeur fondé en 1953 avec l'aide soviétique. Elle succède en 1965-1966 à la Hongqi CA72, la première limousine de prestige chinoise, voulue par Mao Zedong dès 1955 pour remplacer les modèles soviétiques au service de l'État. Le nom « Hongqi » (红旗) signifie « drapeau rouge », symbole du Parti communiste chinois .
Technique
Construite sur une plateforme dérivée de la Chrysler Imperial des années 1950, la CA770 conserve le V8 Mopar, produit localement en 5,6-5,7 litres (environ 215 ch). C'est une voiture immense : 5,98 m de long, 1,99 m de large, empattement de 3,72 m, environ 2 730 kg, transmission automatique. La carrosserie, dessinée en interne, modernise la CA72 en conservant la calandre en forme d'éventail et les chromes typiques ; les caractères « 红旗 » sur la caisse reproduisent l'écriture de Mao lui-même
Production et versions (1966-1981)
La production en série est de 847 exemplaires de la CA770 de base (environ 1 600 toutes versions confondues). Les voitures, quasi artisanales, étaient réservées aux dignitaires du Parti et aux cérémonies officielles. Principales dérivées
CA772 : version blindée — moteur réalésé à 8,0 L (300 ch), blindage de 8 mm, vitres pare-balles de 65 mm ; 15 exemplaires, dont 3 exportés (Corée du Nord, Cambodge, Vietnam)
CA773 : version raccourcie de 400 mm (~297 ex., 1969-1976)
CA770J : cabriolet de parade (5 ex., dont un avec pare-brise en verre de protection)
CA770TJ : landaulet d'apparat, dont 2 exemplaires pour le 35ᵉ anniversaire de la RPC en 1984 (Deng Xiaoping à bord)
Quelques breaks, ambulances (CA770JH) et pick-ups (3 exemplaires) ; un corbillard fut étudié mais jamais produit
Fin de carrière et postérité
La production s'arrête en 1981, mais des versions modernisées à petite série continuent jusqu'au milieu des années 1990 : CA770G à moteur Ford 5,8 L avec des pièces Lincoln Town Car (25 ex., 1985-1988), puis CA7560 (20 ex., 1992-1995), dernier modèle dérivé, avec des éléments Audi 100/200. En 2004, un prototype de réplique sur base Lincoln Town Car (CA7400) voit le jour
L'héritage est assumé aujourd'hui : la Hongqi HQE de 2009, puis la Hongqi L5, reprennent délibérément le style rétro inspiré de la CA770. Elle reste la voiture classique chinoise la plus emblématique, l'équivalent fonctionnel des ZIL soviétiques et des Mercedes 600 occidentales — mais introuvable hors des cercles d'État à l'époque