
Mazda Cosmo Sport 110S (1967-1972)
La Cosmo Sport est la première voiture de série au monde animée par un moteur rotatif birotor Wankel, et la première voiture de sport de Mazda. Un pari industriel qui a sauvé la marque.
🏭 Le contexte : se différencier ou disparaître
Au début des années 1960, Toyo Kogyo (nom de Mazda à l'époque) est un petit constructeur japonais que le gouvernement pousse à fusionner avec d'autres marques. Pour rester indépendant, son président Tsuneji Matsuda mise tout sur le moteur rotatif de l'ingénieur allemand Felix Wankel, après avoir vu la technologie chez NSU en 1959. Mazda obtient la licence de NSU et Wankel GmbH en 1961
🔧 Les « 47 samouraïs »
Le premier prototype gripped après quelques heures de fonctionnement à Hiroshima, les segments d'apex rayaient les parois des chambres (« griffes du diable »). L'ingénieur en chef Kenichi Yamamoto réunit une équipe surnommée les « 47 samouraïs », qui résout le problème avec des segments en graphite, inspiré d'un crayon à écrire, et ajoute un second rotor et une seconde bougie par chambre.
La voiture
- Début : présentée au Salon de Tokyo 1964 (conduite par Matsuda lui-même), commercialisée le 30 mai 1967
- Moteur : 10A birotor, 982 cm³, 110 ch à 7 000 tr/min, puis 128 ch sur la Série II (1968)
- Performances : environ 8,7 s de 0 à 100 km/h, 185 km/h pour la Série II (boîte 5, empattement allongé)
- Production : seulement 1 176 exemplaires jusqu'en 1972 (343 Série I à empattement court)
🏁 L'héritage
En 1968, la Cosmo participe au Marathon de la Route de 84 heures au Nürburgring. Surtout, elle valide le rotatif pour la production : Mazda en fabriquera près de 2 millions d'exemplaires (R100, RX-2 à RX-8, et jusqu'à la 787B victorieuse au Mans en 1991). Aujourd'hui, les exemplaires en état concours dépassent les 150 000 $ en collection.
En résumé : une voiture rare, futuriste, et sans laquelle ni le rotatif ni probablement Mazda n'existeraient aujourd'hui.
