Grégoire
Grégoire
Jean-Albert Grégoire (1899–1992), pionnier de l'automobile française
Jean-Albert Grégoire, né le 7 juillet 1899 à Paris et mort le 19 août 1992 à Neuilly-sur-Seine, est un ingénieur et entrepreneur français, l'un des grands pionniers mondiaux de la traction avant et un ardent promoteur des alliages d'aluminium en automobile.
Jeunesse et formation
Orphelin très tôt, il est élevé par son oncle, un passionné d'automobiles. Champion de France interscolaire du 100 mètres, il entre à l'École polytechnique en 1918 (diplômé en 1921) et obtient aussi un doctorat en droit. Il pratique également le rugby au niveau international universitaire.
Le joint Tracta et la traction avant
En 1927, il fonde avec son ami Pierre Fenaille la Société des automobiles Tracta, à Versailles. Leur invention majeure : le joint homocinétique Tracta, indispensable pour transmettre la motricité aux roues avant directrices. Grégoire participe comme constructeur et pilote aux 24 Heures du Mans de 1927 à 1930 (7e en 1927, meilleur résultat). La licence du joint est cédée à l'américain Bendix en 1932 ; dix ans plus tard, toutes les jeeps Willys alliées roulent avec des joints Tracta. Il négocie aussi ses brevets de traction avec DKW (1929), Adler (1931), puis Citroën et Chenard en 1934.
L'aluminium : Amilcar Compound, AFG et Dyna Panhard
En 1936-1937, son bureau d'études imagine la carcasse intégrale en aluminium coulé (alliage Alpax), appliquée sur l'Amilcar Compound (1937, produite chez Hotchkiss, ~900 exemplaires). Pendant l'Occupation, soutenu par L'Aluminium français, il développe le prototype AFG (Aluminium Français-Grégoire), qui inspire directement la Dyna Panhard de 1946 — une petite voiture économique à traction avant, 4 roues indépendantes, consommant moins de 5 L/100 à 70 km/h.
L'après-guerre : Hotchkiss-Grégoire et projets d'avant-garde
Présentée en 1950, l'Hotchkiss-Grégoire (berline de luxe, châssis Alpax, moteur boxer 2 L, Cx remarquable) avait « 15 ans d'avance sur son temps », mais sa fabrication coûteuse s'arrête après seulement 247 exemplaires (1950-1954). Grégoire explore ensuite des voies très en avance : la voiture à turbine à gaz Socema-Grégoire (prototype au Salon de Paris 1953), la voiture électrique (avec la CGE, dont la CGE-Tudor pendant la guerre), la suspension à flexibilité variable et la suspension « Aérostable » qui équipera plus d'un million et demi de Renault (Dauphine).Dernier projet et héritage
En 1956, il tente l'aventure de sa propre marque avec la Tracta Grégoire Sport (roadster carrossé par Chapron, dessiné par Carlo Delaisse, moteur Hotchkiss compressé de 125 ch) — un succès d'estime mais un échec commercial (5 exemplaires, prix exorbitant). Sa dernière réalisation fut un fourgon électrique à carrosserie aluminium. Inventeur infatigable (pare-chocs à absorption pneumatique notamment), se définissant lui-même comme « chercheur » plutôt que constructeur, il meurt en 1992, laissant l'image d'un génie éclectique — fin connaisseur de vins et pianiste à ses heures — dont les idées furent souvent justes mais commercialisées trop tôt.
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1910- |
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Grégoire 6/8 HP
La Grégoire 6/8 HP (1910)
La Grégoire 6/8 HP est une petite voiturette sport produite en 1910 par le constructeur français Automobiles Grégoire, fondé à Poissy par l'ingénieur centralien Pierre-Joseph Grégoire (1876–1962)
Ses caractéristiques principales :
- Carrosserie : biplace sport (type "Biplace Sport"), sans portes
- Moteur : bicylindre (2 cylindres en ligne) de 1 106 cm³ (alésage × course : 80 × 110 mm)
- Puissance : environ 8 ch (d'où la dénomination 6/8, fiscale/réelle)
- Vitesse maximale : environ 50 km/h
Contexte : ce modèle reprenait le moteur de la Type 70 (1906–1912), la première vraie réussite commerciale de la marque. Grégoire s'était spécialisé dans les voiturettes populaires et sportives de petite cylindrée, et la 6/8 HP s'inscrivait dans cette réputation de constructeur de petites voitures vives et robustesUn exemplaire de 1910 est aujourd'hui préservé et exposé à la Cité de l'Automobile de Mulhouse (collection Schlumpf)
La marque Grégoire disparaîtra en 1924, victime de la concurrence des premières productions en série (Citroën notamment), et Jacques Bignan rachètera l'usine de Poissy
