Diamond T
Diamond T
Diamond T — bref historique
Diamond T Motor Car Company est un constructeur américain fondé à Chicago en 1905 par Charles Arthur Tilt. Le nom et le logo (un « T » entouré d'un losange, diamond) auraient été imaginés par son père, fabricant de chaussures d'origine canadienne, le losange symbolisant la qualité
Des voitures aux camions (1905–1911)
La firme produit d'abord des voitures de tourisme puissantes (jusqu'à 70 ch) dans un petit garage de Chicago. En 1911, un client satisfait convainc Tilt de se tourner vers les véhicules commerciaux : la production automobile s'arrête définitivement au profit des camions, dont le premier, surnommé « Old No 1 », est un 1,5 tonne à moteur Continental
Croissance et gloire (1915–1945)
- À partir de 1915, l'entreprise acquiert une dimension nationale ; une grande usine est bâtie en 1917 sur la 26e rue à Chicago, avec une production à la chaîne et des commandes de 1 500 « Liberty Trucks » pour l'État
- Sa réputation repose sur des poids-lourds au design soigné — slogan : « The Handsomest Truck in America » — et sur l'ingénierie. L'année record est 1936, avec 8 750 immatriculations ; environ 250 000 camions seront produits au total (
- Pendant la Seconde Guerre mondiale, Diamond T livre près de 50 000 véhicules militaires, dont le célèbre tracteur 980/981 porte-chars (adopté par l'armée britannique en Afrique du Nord avec la remorque Rogers) et toute la gamme 6×6 de 4 tonnes « G509 » ; l'entreprise se classe 47e parmi les fournisseurs de guerre américains (Wikipédia).
Déclin et absorption (1958–1975)
- Les années d'après-guerre marquent un pic de production, mais l'indépendance devient difficile : White Motor Company rachète Diamond T en 1958 et transfère la production de Chicago vers Lansing (Michigan) en 1960
- En 1967, White fusionne Diamond T avec REO pour former Diamond Reo Trucks Inc., qui fait faillite en 1974-75 .
La marque Diamond T reste aujourd'hui prisée des collectionneurs, notamment les pickups Model 80 et 201, les camions de dépannage et les tracteurs porte-chars de la guerre.
|
1941-1945 |
Sous-catégories
Diamond T 981
Le Diamond T 981, tracteur porte-chars de la Seconde Guerre mondiale
Origine. Au début de la guerre, la British Purchasing Commission cherche aux États-Unis un tracteur lourd capable de transporter des chars toujours plus lourds. Diamond T, constructeur de Chicago fondé en 1905 par Charles Arthur Tilt et réputé pour ses camions robustes, est retenu : le Model 980 entre en production en 1941, suivi du Model 981 en 1942
La différence 980/981. Le 981 est le même châssis 6×4 de 12 tonnes, avec un treuil dont le câble (150 m) peut être utilisé aussi bien vers l'arrière (chargement) que vers l'avant (récupération de chars en panne) grâce à une poulie de renvoi sur le longeron gauche. Le 980 ne permettait l'usage du treuil que vers l'arrière
Caractéristiques principales.
- Moteur diesel Hercules DFXE 6 cylindres, ~14,6 L, environ 185-200 ch — le seul grand classique militaire de la guerre à être diesel
- Poids à vide ~12,2 t ; longueur 7,11 m ; treuil de 18 t
- Attelé à la remorque M9 à 12 roues, l'ensemble forme le M19 Tank Transporter (désignation US G159), capable d'emporter un Sherman
Production et service. Environ 5 900 à 6 600 exemplaires produits entre 1941 et 1945 (plus de 5 000 ensembles M19). L'US Army en préleva 200 sous la désignation M20 ; le véhicule servit surtout dans les armées du Commonwealth, utilisé pour la première fois opérationnellement en Afrique du Nord durant l'hiver 1940-41, puis par la France, le Canada, et même l'URSS via le « corridor persan » (295 exemplaires)
Après-guerre. Les excédents furent rachetés par des sociétés de transport exceptionnel et de dépannage (Pickfords, Wynns au Royaume-Uni), très appréciés pour tracter les lourds convois de la reconstruction, souvent en attelage multiple avec les remorques Pacific. De nombreux exemplaires survivent aujourd'hui entre les mains de collectionneurs
