
Voici les grandes étapes de l’histoire de la Hotchkiss Grégoire :
🔹 Origines et collaboration
- Années 1930 : Jean-Albert Grégoire, ingénieur visionnaire, collabore avec Hotchkiss pour développer l’Amilcar Compound, une voiture sportive populaire en alliage léger. Amilcar est rachetée par Hotchkiss en 1937, mais le projet est abandonné après la guerre.
- Pendant la Seconde Guerre mondiale, Grégoire travaille avec l’Aluminium Français sur une petite voiture performante en aluminium, qui ne verra jamais le jour. Ses innovations (traction avant, utilisation de l’aluminium) seront reprise plus tard sur la Panhard Dyna X.
🔹 Naissance de la Grégoire R et partenariat avec Hotchkiss
- 1947 : Grégoire présente son prototype Grégoire R au Salon de Paris. Cette voiture, technologiquement avancée (châssis en aluminium, 4 roues indépendantes, suspensions innovantes), attire l’attention de Hotchkiss, qui ne produit alors que des modèles d’avant-guerre.
- 29 juin 1949 : Hotchkiss signe un contrat avec Grégoire pour industrialiser le prototype Grégoire R dans ses usines de Saint-Denis.
🔹 Production et commercialisation
- 1950 : Début de la production en petite série sous le nom Hotchkiss-Grégoire. La voiture conserve les caractéristiques du prototype : carrosserie en aluminium (conçue par Henri Chapron), moteur 4 cylindres à plat de 2,2 L (75 ch), traction avant avec joints Tracta, et suspensions à flexibilité variable.
- 29 juin 1951 : Première livraison. Seulement 247 berlines (numérotées de 501 à 747) et 711 coupés/cabriolets (dont 7 coupés et 7 cabriolets) sont produits.
- Prix : 1,8 million de francs (trop élevé pour l’époque), ce qui limite son succès commercial.
🔹 Innovations et héritage
- Technologies révolutionnaires :
- Structure en aluminium (rare à l’époque).
- 4 roues indépendantes avec ressorts hélicoïdaux horizontaux.
- Traction avant (peu répandue en France dans les années 1950).
- Vitesse maximale : 160 km/h.
- Échec commercial : Malgré ses qualités, la Hotchkiss Grégoire est trop en avance sur son temps, trop chère à produire (sous-traitance massive), et trop complexe. Elle reste une voiture rare et recherchée par les collectionneurs (estimée entre 25 000 € et 30 000 € aujourd’hui).
🔹 Fin de l’aventure
- La production s’arrête au début des années 1950, faute de succès. Hotchkiss se recentre sur des modèles plus traditionnels.
- Aujourd’hui, la Hotchkiss Grégoire est considérée comme un chef-d’œuvre d’ingénierie et un objet de collection.
