
La Darracq Type C (1901) — la voiture qui a lancé la marque
Contexte. Après avoir vendu en 1896 son entreprise de cycles Gladiator (fondée en 1891 avec Paul Aucoq), Alexandre Darracq fait construire ses usines à Suresnes, près de Paris, et se lance dans l'automobile. Ses premières tentatives — un tricycle électrique (la « triplette » Darracq-Gladiator de 1897) puis une voiturette inspirée de l'américaine Riker — n'ont guère de succès .
La voiture. En 1901, Darracq sort enfin une automobile entièrement conçue et fabriquée par ses propres ateliers : la Darracq 6,5 HP Type C. C'est un runabout — un véhicule léger destiné à la promenade — avec :
- un moteur monocylindre vertical Perfecta de 785 cm³, une conception maison réputée fiable et puissante pour sa taille ;
- une transmission par arbre à double cardan, avec passage de vitesses sous le volant ;
- un châssis en tubes brasés, léger et solide ;
- une carrosserie en tôle d'acier emboutie, procédé novateur qui permet un prix de vente très compétitif .
Pourquoi elle compte. Environ 1 200 exemplaires sont produits — un volume considérable pour l'époque —, faisant de la Type C l'un des modèles décisifs de l'histoire de la marque . Ce succès industriel est souvent présenté comme une première démocratisation de l'automobile : simple, légère, fiable et économique. L'utilisation de la tôle emboutie en série préfigure même les méthodes de production de Henry Ford pour la Ford T .
La suite. Fort de ce succès, Darracq assure dès 1904 environ 10 % de la production automobile française et devient en 1910 le troisième constructeur national, derrière Renault et Peugeot. La firme s'illustre ensuite en compétition (records de vitesse, coupes Vanderbilt 1905-1906) et s'expand en Europe : licences avec Opel en Allemagne, filiale italienne en 1906 — l'ancêtre d'Alfa Romeo —, partenariats avec Talbot au Royaume-Uni.
