
Le Darmont Spécial 🏎️
Le contexte : la maison Darmont
En 1919, juste après la Première Guerre mondiale, Robert Darmont crée à Courbevoie (rue Jules Ferry) une entreprise d'importation des tricycles anglais Morgan, en s'associant avec son frère André, pilote de course. À partir de 1921, les frères Darmont fabriquent sous licence française des Darmont-Morgan, des copies fidèles des Morgan 3-Wheeler à moteur bicylindre en V JAP de 1 084 cm³
La naissance du Darmont Spécial (1925-1926)
Le prototype est dévoilé par le pilote et agent de la marque Henri Burnat, alias « Pierpont », lors de la course de côte de la Turbie en 1925. Il ne s'agit plus d'un Morgan modifié, mais d'un cyclecar entièrement original .
Présenté en série dès 1926, le Darmont Spécial marque l'émancipation de la marque vis-à-vis de Morgan . Ses caractéristiques principales :
- Moteur : bicylindre en V refroidi par eau, copie du moteur anglais Blackburn culbuté (alors que les Darmont de base utilisent une copie du JAP à soupapes latérales), nettement plus puissant
- Puissance : 28 à 35 ch
- Vitesse de pointe : environ 150 km/h, une valeur remarquable pour l'époque
- Prix : 13 500 francs seulement, contre 23 900 F pour un Amilcar ou 28 900 F pour un BNC de cylindrée équivalente — et souvent moins rapides
Le palmarès sportif
Sur circuit ou en course de côte, le Spécial s'est avéré redoutable, poursuivant la moisson de victoires de la marque, notamment au Bol d'Or et au Paris-Nice (8 triomphes) .
La suite
Pendant les années 1930, des variantes mieux équipées du Spécial (initialement très dépouillé) apparaissent, comme l'Étoile de France (1932, moteur 1 100 cm³). En 1935, Darmont lance le V-Junior, son premier modèle à quatre roues. La déclaration de la Seconde Guerre mondiale contraint la marque à la faillite en 1939 . Quelques exemplaires survivent aujourd'hui comme voitures de collection .

