
L'histoire de la Clément-Panhard (VCP)
Petite précision d'abord : le modèle s'appelle officiellement VCP — Voiture Clément-Panhard (on trouve parfois la graphie « VGP » sur certaines photos de Phaéton de 1900, mais la désignation d'usage est VCP).
Une voiture née chez Panhard & Levassor. La voiture est conçue en 1898 par Arthur Constantin Krebs, directeur technique et de production de Panhard & Levassor (ingénieur touche-à-tout, célèbre pour le dirigeable La France en 1884). Elle dérive de son brevet de 1896 décrivant une voiturette à boîte de vitesses électromagnétique, dont la licence avait été acquise par Émile Levassor.
Pourquoi « Clément » ? La voiturette est présentée en décembre 1898 au premier Salon de l'automobile de Paris, où elle remporte 300 commandes avant même qu'une voiture ne soit finie, vendue environ £180. Panhard & Levassor, saturé par la demande de ses grandes voitures, ne peut pas produire les quelque 500 exemplaires prévus : Adolphe Clément, président du conseil d'administration de Panhard & Levassor et magnat du cycle et du pneumatique (il possédait les brevets Dunlop pour la France), entreprend donc la fabrication sous licence dans sa propre usine de Levallois-Perret, sous le nom de Voiture Clément-Panhard (VCP) . La production en série démarre en 1899 (voiture n° 101) et s'achève vers 1902, quand les ~500 exemplaires prévus sont atteints et le design dépassé
Une voiturette très particulière.
- Moteur monocylindre de 765–789 cm³ (3 à 3,5 ch), refroidi par eau, monté à l'arrière et pas tout à fait vertical, environ 35 km/h
- Direction à pivot central actionnée par volant, transmission totalement exposée, 3 vitesses, embrayage à cône Levassor amélioré par Krebs, carburateur automatique à niveau constant (breveté en 1899)
- Son caractère excentrique lui a valu le surnom de « mechanical nightmare » (cauchemar mécanique) chez les collectionneurs anglo-saxons
Postérité. Malgré sa réputation, la VCP est considérée comme en avance sur son temps : le site spécialisé qui lui est consacré relève de nombreuses similitudes de principe avec la Ford N de 1906, précurseure de la Ford T En Grande-Bretagne, elle fut distribuée par la Motor Vehicle Company de S. F. Edge, puis carrossée localement sous le nom de Stirling-Panhard Environ 17 exemplaires subsisteraient aujourd'hui . Quant à Adolphe Clément, sa marque devint Clément-Bayard en octobre 1903, du nom du chevalier Bayard .
Ces voitures sont aujourd'hui des vedettes du London-to-Brighton Veteran Car Run, et les rares exemplaires qui apparaissent en vente (Bonhams, Christie's) font l'objet d'enchères importantes — l'exemplaire n° 117 de 1899, plus ancien châssis connu, est passé par les collections Malartre et Barry Hon.
