
La CG 1200 S — l'« anti-Alpine » selon Simca
⭐ Origine de la marque CG
Les Automobiles CG sont nées de l'initiative du carrossier français Chappe Frères et Gessalin, établi à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne), déjà connu pour avoir fabriqué l'Alpine A108. Le nom « CG » reprend les initiales des fondateurs, et l'écusson — un coq stylisé sur fond de damiers — a été dessiné par Albert Uderzo, le dessinateur d'Astérix. L'idée d'une voiture « pour l'été » aurait été suggérée par l'une des filles Chappe .
La première réalisation, la CG 1000 (type A1000), est présentée au Salon de Paris d'octobre 1966 : un spider 2+2 en résine polyester sur châssis-poutre, reprenant la mécanique de la Simca 1000 (moteur « Poissy » 944 cm³ de 40 ch en porte-à-faux arrière). Malgré des lignes très réussies et une finition soignée, les performances sont timides (~150-160 km/h) et le prix jugé trop élevé. Moins de trente exemplaires seront produits .
🚗 Naissance de la CG 1200 S (automne 1968)
La donne change en juin 1967 lorsque Simca lance son coupé 1200 S Bertone, doté d'un moteur « Poissy » de 1 204 cm³ développant 80 ch (deux carburateurs double-corps Solex 35 horizontaux). Chappe & Gessalin saisissent l'occasion et présentent à l'automne 1968 la CG 1200 S (type B1200), qui bénéficie de toutes les évolutions du coupé Simca 1200 S.
Principales évolutions techniques par rapport à la CG 1000 :
- Moteur 1 204 cm³ de 80 ch (porté à 85 ch au Salon de Paris 1969)
- Radiateur déplacé à l'avant (meilleur équilibre des masses et refroidissement)
- Direction à crémaillère remplaçant le boîtier à vis
- Servo-frein (logé sous le capot avant)
- Double circuit de freinage, 4 freins à disques
- Deux amortisseurs supplémentaires à l'arrière (sur certains modèles)
- Paire de phares longue-portée intégrés à la carrosserie (d'origine Citroën DS)
Caractéristiques distinctives de la carrosserie : prise d'air sous la plaque avant, légers renflements d'ailes, feux de recul, disparition du bossage du capot moteur et apparition d'un discret bossage avant pour le servo-frein. Un astucieux monogramme combinant le logo du coupé Simca 1200 S et le logo CG orne l'avant, le capot arrière et le tableau de bord
La voiture est proposée en spider et en coupé (d'abord un spider avec hard-top, puis un vrai coupé au toit solidaire de la carrosserie). Avec un poids plume (~660 kg) et 80 ch, la vitesse de pointe approche les 185 km/h, puis 188 km/h avec la version 85 ch — des valeurs digne d'une vraie sportive, rivales d'une Alpine A110 ou d'une Lotus Europe .
🏁 La CG 548 — version compétition (été 1970)
Pour la clientèle désirant pratiquer la compétition, CG met au chantier la CG 548, une version allégée à 548 kg :
- Peau de polyester amincie, tubes et tôles de châssis réduits, aluminium à la place de l'acier
- Vitres latérales et arrière en plexiglas
- Suppression du capitonnage et de la moquette
- Fixation rigide du moteur sur la traverse arrière (suppression du porte-à-faux, meilleur équilibre)
- Évacuation d'air de refroidissement sur le capot
- Étude d'un compresseur Constantin portant la puissance à plus de 120 ch
Une vingtaine de CG 548 seront construits à partir de l'été 1970, les derniers modèles adoptant l'aspect du Simca CG Proto MC .
📈 Essor et fin de carrière
C'est la 1200 S qui permet l'essor de la marque CG : les cadences de production ne cessent de s'intensifier tout au long de sa carrière. La CG est désormais distribuée par le réseau officiel Simca, car le constructeur de Poissy (racheté par Chrysler) a des ambitions sportives. Destinée à la compétition client, elle permet à CG de se faire un nom en rallye face aux Simca 1000 Rallye II et Alpine, notamment dans les « Challenges Simca ».
En 1972, CG produit une vingtaine d'exemplaires en cabriolet (transformation facilitée par le châssis-poutre, qui ne nécessite pas de renfort comme un monocoque). Cette même année, l'ultime évolution — la CG 1300 — prend la suite et termine la saga.
📊 En résumé
| Élément | Détail |
|---|---|
| Constructeur | Automobiles CG (Chappe Frères & Gessalin), Brie-Comte-Robert |
| Type | B1200 |
| Production | Automne 1968 → fin 1972 |
| Moteur | « Poissy » 1 204 cm³, 80 ch puis 85 ch (2 carbus Solex) |
| Architecture | Moteur arrière porte-à-faux, châssis-poutre, carrosserie polyester |
| Carrosseries | Spider, coupé (puis ~20 cabriolets en 1972) |
| Vitesse max | ~185 km/h (80 ch) → 188 km/h (85 ch) |
| Version compétition | CG 548 (548 kg, ~20 ex., compresseur Constantin > 120 ch) |
| Production totale | ~280 exemplaires (CG 548 compris) |
| Successeur | CG 1300 (1972-1974, ~95 ex.) |
La CG 1200 S reste une page attachante de l'histoire automobile française : une sportive artisanale légère et élégante, « anti-Alpine » selon Simca, qui a su tirer parti d'un partenariat discret avec le constructeur de Poissy avant que l'aventure CG ne s'achève en 1974.