
La Brabus 6.5 — une louve en habit de mouton encore plus rare que le "Hammer"
La base : la Mercedes 500 E (W124)
Au début des années 1990, Mercedes crée la 500 E, une berline W124 propulsée par le V8 5,0 L M119 de la 500 SL (326 ch, 480 Nm), assemblée à la main chez Porsche à Zuffenhausen en 18 jours par exemplaire. Produite à environ 10 359 unités entre 1990 et 1995, elle est surnommée le "Hammer" pour ses performances de voiture de sport sous une carrosserie de banale berline familiale.
La transformation Brabus
Le préparateur de Bottrop, déjà réputé pour ses versions W124 extrêmes, récupère des 500 E et porte le V8 M119 à 6,5 litres par augmentation de la cylindrée, avec culasses et vilebrequin retravaillés. Résultat : environ 450 ch, un 0 à 100 km/h en 5,2 s et une vitesse de pointe de l'ordre de 285 km/h — des chiffres dignes d'une supercar de l'époque dans un corps de berline passe-partout.
Une extrême rareté
Face aux 10 359 500 E ou même aux 12 exemplaires de l'E60 AMG, la 6.5 est un oiseau quasi introuvable : une vingtaine d'exemplaires auraient été transformés, et il n'en resterait aujourd'hui qu'environ quatre en état de rouler. La plupart des voitures sorties de chez Brabus étaient des configurations uniques — certaines ont fini au Moyen-Orient chez des collectionneurs.
À ne pas confondre avec :
- la Brabus 6.0 (M119 porté à 6,0 L, ~381 ch), convertie dès l'état neuf sur des 500 E — une 1991 a échoué en vente aux enchères à 65 000 $ en 2020 ;
- l'E60 Brabus à partir d'une E420 (408 ch, ~600 Nm) ;
- la Brabus E V12, encore plus folle, greffant un V12 6,9 L de 509 ch dans la carrosserie W124.
Son héritage
La 6.5 incarne l'âge d'or du préparateur allemand "d'avant le bling" : discrétion totale, ingénierie mécanique brute, et des performances qui restent sérieuses aujourd'hui. Les exemplaires survivants sont aujourd'hui parmi les W124 les plus convoitées par les collectionneurs.


