
Borgward Isabella (1954–1962)
La genèse. Présentée en juillet 1954, l'Isabella devait s'appeler « Hansa 1500 », succédant à la gamme Hansa de Carl F. W. Borgward, constructeur atypique basé à Brême. Le nom « Isabella » était un surnom interne donné aux prototypes de test ; il a plu aux ingénieurs et à la presse, et seules les premières centaines d'exemplaires sortirent sans ce badge ait baptisée ainsi par provocation
La voiture. Berline moyenne à carrosserie ponton autoportante, traction, style « américain » chromé dans des dimensions compactes européennes — exactement ce que demandaient les clients allemands des années 50. Elle visait un segment moyen-haut de gamme, anticipant le créneau que la BMW 1500 exploitera ensuite La gamme s'est vite élargie : break (Kombi), version TS sportive, cabriolet (carrossé par Karl Deutsch) et surtout le coupé de 1957, à la ligne très élégante, construit à seulement ~9 500 exemplaires
Le succès. 11 150 exemplaires dès la première année, et 202 862 au total jusqu'en 1962 — de très loin le modèle le plus vendu et le plus rentable de Borgward, qui propulse la firme à la troisième place des constructeurs allemands
La fin. Les ventes de l'Isabella déclinent à la fin des années 50 ; Borgward dilapide ses ressources sur plusieurs modèles coûteux (P100, Arabella) pendant que l'Isabella, non renouvelée, devient obsolète face à la concurrence. En 1961, le groupe fait l'une des faillites les plus spectaculaires de l'Allemagne, liquide par le land de Brême — alors, ironie de l'histoire, que toutes les dettes furent finalement remboursées jusqu'au dernier centime. Carl Borgward meurt en 1963
Épilogue. L'Isabella a aussi été produite sous licence en Argentine par Dinborg (999 exemplaires en 1960, seule année d'activité) Et en 2017, la marque relancée par le petit-fils de Carl (avec l'appui du chinois Foton) a présenté un concept Isabella électrique 4 portes — clin d'œil au passé, sans rapport technique avec l'original



