
La Ballot 3/8 LC (1920) — une légende de l'après-guerre
Origine. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, les Grands Prix européens sont suspendus jusqu'en 1921. Le Français René Thomas convainc alors Édouard-Maurice Ballot, patron d'un petit constructeur parisien de moteurs, de construire une voiture de course pour l'Indy 500, alors la course la plus lucrative du monde. L'ingénieur Ernest Henry — ancien de l'équipe des « Charlatans » qui avait quitté Peugeot avec Goux, Boillot et Zuccarelli — rejoint Ballot début 1919 et conçoit la voiture en à peine 101 jours nées à 60° : environ 110 ch et 180 km/h. La carrosserie est très effilée, avec fond plat complet et roue de secours logée dans la queue — d'une modernité aérodynamique remarquable pour l'époque
Palmarès. Quatre châssis furent construits. En 1920, trois voitures sont engagées à Indianapolis avec DePalma, Chassagne et Thomas : elles finissent 2e, 5e et 7e. En 1921, le châssis 1006 (Chassagne) abandonne en tête du Grand Prix de France au Mans, puis Jules Goux remporte sur une 3/8 LC le Grand Prix d'Italie 1921 — première victoire de l'histoire de cette épreuve. La voiture court encore à Indy en 1922 (3e avec Eddie Hearn)
Épilogue. La réduction de la cylindrée à 2 litres pour 1923 pousse Ballot à quitter la compétition pour se consacrer aux voitures routières. Ironie de l'histoire, la marque sera absorbée par Hispano-Suiza en 1932. Quant à Ernest Henry, longtemps spolié au profit de Marc Birkigt dans la querelle de paternité des moteurs à double arbre à cames, il est aujourd'hui reconnu comme le vrai génie de cette architecture
Les trois exemplaires survivants sont aujourd'hui des pièces de musée très cotées — le châssis 1006, jamais entièrement restauré, a été présenté au Concorso d'Eleganza Villa d'Este 2017 et proposé en vente chez Gooding/Christie's à Rétromobile
