
Citroën Type A (1919–1921) : la première Citroën
Le Type A est la toute première automobile produite par André Citroën, lancée en mai 1919, quelques mois après la fin de la Première Guerre mondiale, pendant laquelle Citroën dirigeait une usine de munitions quai de Javel à Paris.
Contexte
- André Citroën, inspiré par les méthodes de production de Ford (il avait visité Détroit et l'usine de Highland Park), décide d'appliquer le taylorisme et le travail à la chaîne à l'automobile française.
- Son objectif : produire une voiture bon marché, en grande série, avec des pièces interchangeables.
La voiture
- Conçue par Jules Salomon (ingénieur déjà célèbre pour la Le Zèbre), c'est une voiture relativement avancée pour l'époque.
- Moteur : 4 cylindres, 1 327 cm³, environ 18 ch (plus tard versions 1 452 cm³).
- Vitesse maximale : environ 65 km/h.
- Consommation : modeste, environ 7,5 L/100 km.
- Elle avait de série des équipements alors rares ou en option chez les concurrents : démarreur électrique, éclairage électrique, capote, garnissage complet — une politique « tout compris ».
- Disponible en plusieurs carrosseries : torpédo, conduite intérieure, coupé, et même versions utilitaires (camionnettes, taxi).
Production et chiffres
- Livraisons dès juin 1919 ; prix de départ : 7 200 francs (torpédo 3 places).
- Fabriquée quai de Javel (Paris 15e).
- Environ 24 093 exemplaires produits jusqu'en décembre 1921, date à laquelle elle est remplacée par le Type C (5 CV), le Type B (10 CV) l'ayant complétée dès 1921.
Importance historique
- Première voiture européenne conçue d'emblée pour la production de masse : jusqu'à 200 voitures par jour sortaient de Javel.
- Citroën devient rapidement le 4e constructeur français, puis le 1er au début des années 1930.
- Le Type A pose les bases de la marque : robustesse, simplicité, standardisation, et une approche moderne de la communication et du service (réseau de concessionnaires, pièces détachées disponibles, garantie).
En résumé : le Type A n'était pas révolutionnaire techniquement, mais il a révolutionné la façon de produire et de vendre l'automobile en France — la « Ford française » était née.


